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Libérons-nous du pétrole - MAINTENANT

ENERGIE

Bilan environnemental et sanitaire comparé des différentes filières énergétiques : 

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MONDE - Le bourgeonnement des projets fondés sur les synergies du couple hydro-éolien (pompage-turbinage) :

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Le Président du German Advisory Council on the Environment  : "Le 100% énergies renouvelables d’ici 2050 est possible" (Rapport de la "NASA" allemande) - Lire
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François Lempérière, polytechnicien et expert énergie :
"Cinq fois plus d’énergie et moins d’effet de serre (avec ou sans nucléaire)"
- Lire
 
nullGregor Czisch (spécialiste des aspects économiques des systèmes électriques à base d'énergies renouvelables, Universität Kassel) présente un plan énergétique pour l'Europe qui a vraiment du sens sur le plan économique
- Lire  
nullKen Zweibel, James Mason et Vasilis Fthenakis: "A Solar Grand Plan - By 2050 solar power could end U.S. dependence on foreign oil and slash greenhouse gas emissions (...)"
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Clean Energy 2030 - Google's Proposal for reducing U.S. dependence on fossil fuels
- Lire
 
nullMark Jacobson, directeur du département énergie et atmosphère à l'université de Stanford:

"Wind, Water & Sun : un plan pour passer au 100% renouvelable à horizon 2050"

- Lire
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Cogito

 

"Le droit à l'énergie,
c'est un droit à la vie"

 - Irja Martens, Executive Producer and Project Management Marketing ( L'Autonomie énergétique, la 4ème révolution)

 

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"Le développement durable, ce n'est pas seulement protèger l'environnement. C'est aussi améliorer les conditions de vie des gens"
- Javier Morales, père du projet El Hierro, une île 100% renouvelable (Iles Canaries), plus d'infos ici

« Il faut saluer cette initiative de la voiture électrique. On ne peut pas dire que l’on veut des transports propres et ne pas voir quand les industriels font des efforts. »
- Serge Orru, le directeur général du WWF-France

(Source)

 

"Mon plus grand challenge a été de changer l'état d'esprit des gens. L'état d'esprit exerce une étrange influence sur nous. Nous voyons les choses selon la façon dont nos esprits ont ordonné à nos yeux de voir les choses"

- Mohammad Yunus, prix Nobel de la Paix 

 

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"Il nous faut un turn around des certitudes pour les transformer en ouverture"

Bertrand Piccard, psychiatre et aéronaute (Solar Impulse)  

 

"Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières (...) Reconnaissez toujours que les individus sont des fins et ne vous en servez pas comme des moyens pour arriver à vos fins (...)"
- Emmanuel Kant, philosophe

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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /2009 02:06

J'ai reçu aujourd'hui, suite à mon billet Ecologie : l'impasse de la méthode morbido-culpabilisante, un commentaire d'une richesse assez rare, posté par Isabelle Delannoy, co-auteur avec Yann Arthus-Bertrand du film Home. Je publie ici ce commentaire afin qu'il soit plus facilement lisible (ma réponse à Isabelle vient ensuite) :

" Ce qui est difficile de faire comprendre c'est que les solutions sont multiples et petites. Peu voyantes finalement. D'une part, on voit des problèmes gigantesques et des solutions toutes petites... En image, ça souffre d'une distorsion de concurrence terrible : D'emblée, c'est difficile d'accepter leur crédibilité. On oublie en fait que ces phénomènes gigantesques ont été créés par de multiples pollutions toutes petites.

 D'autre part cela ne correspond pas à l'héritage des deux-trois siècles qui nous ont précédés où on a cherché des solutions uniques et où on a eu le culte des grands travaux. Il faut donc une véritable révolution de l'esprit pour comprendre cela. Cela ne se fait pas en deux coups de cuillère à pot. En aérien, c'était encore plus difficile : car à part les champs d'éoliennes et les centrales solaires, rien n'est spectaculaire. et tout est encore rare à grande échelle. Pour Home, sur les solutions, on a donc cumulé ces trois difficultés.

J'ai hâte de voir le film de Colline Serrault car comme elle se place à hauteur d'homme et dans l'humble (elle tourne camera sur l'épaule m'a-t-on dit) elle doit être dans la bonne échelle pour cela. Cela pose par contre la difficulté de ne pas utiliser un mode d'image habituel au grand public. C'est prendre le risque de toucher moins de gens. J'ai vraiment hâte de voir ce qu'elle a fait.

Imaginer un nouveau monde vraiment durable et surtout trouver les moyens d'en transmettre l'essence, c'est un travail créatif très dur. On peut faire du petit reportage (ex : les Report-Terre), mais en film c'est beaucoup plus difficile, car tu es obligé de passer à une autre dimension. Un film ne propose pas qu'une information il propose une réflexion plus globale et un mode narratif qui emmène et se tient. Et il faut prendre le public là où il est. Or il y a de vrais changements de paradigmes à faire.

Et il faut arrêter de croire que tout est manipulé. Ceux qui s'expriment et font des films ou livres sont des êtres humains comme les autres, ils sont à une étape de leur cheminement et ils font avec les moyens du bord. On n'est pas plus manipulés que n'importe quel citoyen dans une société ambiante et qui essaie de la regarder avec recul.

Après que certaines expressions soient plus dérangeantes que d'autres et trouvent du coup plus ou moins de diffuseurs c'est autre chose. Mais ce n'est pas de la censure, c'est plutôt des responsables à convaincre, comme le public, qui ont eux-aussi toute une vision du monde à déconstruire et à construire.
 
Home tel qu'il a été écrit l'a été pour correspondre vraiment à la prise de conscience d'une majorité de la population à un instant t. trop en avance, tu perds ton point d'accroche, trop en retard, tu ne fais plus rien découvrir.

Et le film de Hulot pour moi arrive aussi au bon moment car il permet de franchir un pas supplémentaire. Je le trouve très moderne aussi. Car il très modeste dans son mode narratif. Il y a ces grandes images très belles qui défilent -et qui s'apparente à ce à quoi tu es bombardé sans cesse à la télé et autres- et la réflexion d'un homme tout seul, qui interroge ses contemporains. En tant que simple homme. Il n'est pas ponte, il n'étale pas un savoir, il se met à côté de toi et il te dit ce qu'il a sur le coeur et dans sa tête après avoir retourné le problème dans tous les sens et avoir effectué un travail d'une véritable honnêteté intellectuelle, qui va chercher argument et contre argument pendant des années. Quand tu fais ça, tu ne peux plus te taire, c'est tellement énorme que tu ne peux pas faire autrement que de vouloir partager tes conclusions. Après ce qu'Hulot te dit résonne ou pas...

Et quel autre choix que de s'adresser directement à chacun ? Parce que dans cette histoire , on est tous embarqués dans le même bateau et  personne ne peut rien faire tout seul. C'est d'ailleurs pour cela qu'on ressent le besoin de faire des films, qui sont des modes de partage d'être humain à être humain.

Il faut un mouvement de masse pour entraîner les politiques vers le changement. Ce n'est peut être pas ce qui devrait se faire dans l'idéal mais vu lurgence, c'est sûrement le moyen le plus efficace. Faire comprendre à la population l'ampleur des enjeux et que justement, la brosse à dent, c'est de la carabistouille. "



Mon commentaire :

MERCI beaucoup Isabelle pour ce commentaire très enrichissant ;)

"Les solutions sont multiples et petites."

La France est à mon avis un véritable désert culturel au niveau énergies renouvelables. Une majorité de français a par exemple comme image de l'éolienne, un petit truc qui tournicote au dessus de la maison de l'écolo du coin, et ignore tout du potentiel réel de cette technologie. Cette ignorance est effrayante. En Espagne et en Allemagne, par exemple,  le niveau culturel sur ce thème est bien plus élevé qu'en France. 

Hermann Scheer : "Tel le capitaine d'un bateau navigant sur une mer ouverte sans savoir s'orienter et qui crie "Il y a de l'eau partout mais nous n'avons plus une seule goutte à boire !". Les énergies renouvelables sont partout, il nous faut installer des capteurs pour les collecter. Un bateau qui a installé un desalinisateur ne manquera jamais d'eau douce en mer (...)

Les solutions sont tellement énormes qu'on en viendrait presque à passer à coté... Eolien, hydro, solaire : nous sommes submergés d'énergies renouvelables.
La terre intercepte chaque année du soleil  une énergie d'environ 1,5 millions de PWh, soit environ 459 fois la totalité du pétrole terrestre (celui qui a déjà été consommé + les réserves prouvées actuelles). En 19 heures, la terre reçoit du soleil autant d'énergie que le contenu énergétique de la totalité du pétrole terrestre...Bref, le pétrole mondial correspond à une quantité d'énergie complètement insignifiante, une goutte epsilonesque, une tête d'épingle microscopique. Et certains s'imaginent que c'est un monstre irremplaçable ! Nous savons ici et maintenant collecter cette énergie solaire (directe ou dérivée : hydro, éolien) et nous savons que l'installation de ces collecteurs est fortement générateur d'emplois. Il y a un vrai travail éducatif à effectuer à ce sujet. L'opportunité qui est devant nous est énorme.

"D'emblée, c'est difficile d'accepter leur crédibilité."

C'est là-dessus qu'il faut à mon sens travailler au niveau communication. Le grand écran peut à mon sens apporter énorment au niveau de la prise de conscience du potentiel colossal des renouvelables et de l'efficacité énergétique. Un film montrant et décortiquant tout aussi lucidement les problèmes que les solutions possibles a le potentiel pour génèrer une véritable vague d'espoir fondée sur du solide, et de motiver pour le changement, de catalyser les énergies individuelles dans une perpective collective positive.

"D'autre part cela ne correspond pas à l'héritage des deux-trois siècles qui nous ont précédés où on a cherché des solutions uniques et où on a eu le culte des grands travaux."
 
En ce qui concerne l'énergie, je pense qu'il  convient de ne pas de se disperser dans une multitude de petites solutions mais, compte-tenu de l'urgence climatique, d'adopter la stratégie du picking winners. Il nous faut un énorme plan Marshall pour passer rapidement de la pétro-économie à l'électro-économie. C'est à mon sens sur le couple hydro-éolien qu'il faut miser (j'ai mis 5 ans à le comprendre). On a pas le temps de se faire plaisir avec une panoplie de technologies exotiques-exitantes trop difficiles à mettre en place rapidement ou qui coûtent trop cher. La diversité, on verra après, une fois que nous  aurons réduit massivement les émissions de CO2. C'est le climat l'urgence. Non seulement le couple hydro-éolien est le plus économique, mais en plus l'éolien a le meilleur bilan environnemental, hydrique et sanitaire de toutes les énergies. Cette conclusion d'une étude multicritère majeure réalisée par l'université de Stanford est presque totalement inconnue en France.

"En aérien, c'était encore plus difficile : car à part les champs d'éoliennes et les centrales solaires, rien n'est spectaculaire. et tout est encore rare à grande échelle. Pour Home, sur les solutions, on a donc cumulé ces trois difficultés."

OK, ceci dit, à la fin du film, je trouvais les images très bonnes vues du ciel (parcs éolien au Danemark, je crois, et centrale thermosolaire PS10 en Andalousie)...Accompagné d'un commentaire chiffré sur le potentiel de ces technologies, et en équilibre temporel avec le temps consacré à l'exposé des problèmes environnementaux, cela aurait été à mon sens excellent.  Exemple de commentaire : "Un parc éolien carré offshore de 1000km de coté (soit 0,2% de la surface terrestre), à raison d'une éolienne par km2 et couplée à une station de pompage-turbinage en mer, est suffisant pour répondre à la totalité de la demande électrique mondiale."

"Colline Serrault, elle se place à hauteur d'homme "

Oui, faire parler les gens, montrer des visages humains, recueillir leurs témoignages, cela me semble essentiel, c'est humanisant, et cela fait moins leçon de morale à sens unique. C'est ce qu'on fait Dimitri et Mathieu dans leur périple autour du monde à la recherche d'éco-innovations. Catherine Chabaud, navigatrice et journaliste : " Comme ils nous font du bien nos deux « Globe Shakers » ! Comme bon nombre des jeunes de leur génération, Matthieu et Dimitri ont dépassé très vite le stade de la prise de conscience sur l’état des lieux de la planète et s’intéressent à trouver des exemples reproductibles de solutions à mettre en œuvre. Leur contribution est d’autant plus essentielle, qu’elle oublie le pathos pour faire partager la curiosité et l’envie d’entreprendre."


"Imaginer un nouveau monde vraiment durable et surtout trouver les moyens d'en transmettre l'essence, c'est un travail créatif très dur. "

Voici ce qu'en dit Hermann Scheer dans son livre "Energy Autonomy" : 

"(...) Rares sont ceux qui ont su expliquer lucidement les dangers, tous en indiquant tout aussi lucidement les solutions (...)
Suite :
http://www.electron-economy.org/article-33455771.html


"Et il faut prendre le public là où il est."

Oui, et le public est diversifié, il comprend des gens d'horizons très différents. Certains sont déjà très éco-sensibilisés. D'autres un peu moins. Ceci dit, vu l'innondation médiatique qui dure depuis 3 à 4 ans, les gens sont en très très grande majorité conscients des problèmes écologiques. Et aujourd'hui, les gens ont soif de solutions. Pas de solutions gadgets, des vraies visions, basées sur du très solide, tant sur le plan techno-scientifique que socio-économique.  Les films et les articles catastrophistes, ils en ont jusqu'à l'overdose. A mon avis, ils ne servent plus à rien. Pire, ils peuvent devenir contre-productifs.

"Or il y a de vrais changements de paradigmes à faire."

Oui. Un exemple concret : certains journalistes écrivent parfois que le lithium va poser les mêmes problèmes que le pétrole. Changeons de paradigme : le lithium, ce n'est pas le pétrole. Le pétrole, une fois brûlé, une fois consumé pour reprendre un mot utilisé par Nicolas Hulot ("On ne consomme plus, on consume"), on ne peut plus le recycler. Une batterie lithium peut avoir une deuxième vie pour stocker l'énergie éolienne ou photovoltaïqe à la maison. Et dans une troisième vie, le lithium est recyclable. And so on.

Nous vivons actuellement le commencement d'une révolution : le passage d'une économie mondiale basée sur une énergie limitée, rare, chère, aux prix instables et inégalement distribuée à la surface du globe (le pétrole) à une économie basée sur une diversité d'énergies renouvelables, très abondantes, disponibles partout (production locale, autonomie énergétique) et bon marché. Le passage d'une économie qui épuise les ressources rares, qui accumule les déchets et qui gaspille les espaces à une économie basée d'une part sur l'efficacité énergétique et matérielle (rendre un service identique avec moins d'énergie et de matière) et d'autre part  sur des matériaux facilement recyclables qui s'inscrivent dans les grands cycles naturel, où la notion de "déchet" et de "pénurie" disparaît. Le passage d'une production énergétique ultra-centralisée dominée par quelques groupes en situation de monopole a une production énergétique locale et libre.
Hélène Pelosse, directrice de l'IRENA, parle de "Révolution Copernicienne des Energies Renouvelables" (voir ici)

" Il faut arrêter de croire que tout est manipulé. "

Il faut aussi arrêter de croire que rien ne l'est :)
J'espère sincèrement que mon analyse du film d'Hulot est fausse. Je suis très méfiant à propos de cette sincérité. J'ai peut-être tort. S'il s'agit véritablement d'un témoignage humain personnel, si cela vient vraiment de ses tripes, cela change tout. Je suis abrupt à propos de la méthode adoptée par Hulot. Ma petite soeur me l'a reproché aujourd'hui (c'est pas souvent qu'elle me fait des reproches) , elle me trouve trop dur. Ce n'est pas l'homme Hulot que je vise, c'est la méthode utilisée (la stratégie de la peur) et la doctrine véhiculée.

Daniel Cohn-Bendit :
"Si Hulot continue comme cela, où va le conduire la radicalité de sa pensée ? Dire qu'il y a urgence, cela ne veut pas dire qu'il faut imposer. Le danger d'un certain argumentaire de la radicalité écologique, comme de la radicalité sociale, c'est de mettre entre parenthèses la démocratie. C'est le même problème que pose Olivier Besancenot."

" (...) Jean-Paul Besset, député français au Parlement européen élu sur une liste Europe Ecologie craint quant à lui que la radicalisation de l’hélicologiste ne se retourne contre lui et contre les défenseurs autoproclamés de la planète : « Le risque de rejet est réel. Sa petite musique devient de plus en plus incompatible avec le discours commun. » (...)" (Source : Alerte Environnement.fr )


"C'est tellement énorme que tu ne peux pas faire autrement que de vouloir partager ses conclusions"

Une analyse critique par Daniel Martin - "Les altermondialistes sont des gens généreux, qui croient aux qualités d'altruisme des hommes. Ils veulent un monde basé sur cet altruisme et pas sur l'argent. Ils veulent la fraternité, pas la confrontation. Ils ont constaté avec raison que les lois du marché ne suffisent pas à assurer un fonctionnement de la société pour le bien des hommes, et qu'elles doivent être complétées par des lois d'équité et de solidarité, que les mécanismes économiques sont incapables à eux seuls de définir. A partir de ces idées auxquelles tout le monde peut adhérer, ils échafaudent, hélas, des propositions, certaines utopistes et d'autres destinées à remplacer notre monde par un monde communiste, lors d'une révolution. Ils n'ont aucun programme d'action concret à proposer pour cette révolution (...) - Suite :
http://www.danielmartin.eu/Politique/Altermondialistes.htm

Jean-François Revel, un véritable amoureux de la liberté, écrivait le 18 avril 2004 :
(...) J’ai combattu le communisme mû par la même "obsession" qui m’avait jadis fait combattre le nazisme : l’" idée fixe ", "viscérale " du respect de la personne humaine. (...) le rétablissement d’une civilisation de la liberté (...) Pourquoi, dans les sociétés libres, y a-t-il tant de gens qui haïssent la liberté et veulent absolument vivre en société totalitaire? (...) La tentation totalitaire, sous le masque du démon du Bien, est une constante de l'esprit humain. Elle y a toujours été et y sera toujours en conflit avec l'aspiration à la liberté (...) Les utopistes proposent des sociétés totalitaires (...) L'esprit totalitaire peut  ressurgir un jour prochain dans une nouvelle incarnation initialement inoffensive et vertueuse, un travestissement inédit derrière lequel très peu de physionomistes identifieront de prime abord le vieux visage messianique et maléfique de l'idéologie...(...) Qu’est-ce que l’idéologie ? C’est une construction a priori, élaborée en amont et au mépris des faits et des droits, c’est le contraire à la fois de la science et de la philosophie, de la religion et de la morale. L’idéologie n’est pas la science pour laquelle elle a voulu se faire passer ; ni la morale dont elle a cru détenir les clés et pouvoir s’arroger le monopole tout en s’acharnant à en détruire la source et la condition : le libre-arbitre individuel (...) L'idéologie, c'est ce qui pense à votre place. (...) Il y a une identité d'essence des trois totalitarismes du XX e  siècle : fascisme, na­zisme, communisme" -
Suite : http://www.electron-economy.org/article-30984801.html

A l'exact opposé de Jean-François Revel, l'idéologue  écofasciste finlandais Pentti Linkola  détestait viscéralement la liberté : « N'importe quelle dictature serait meilleure que la démocratie moderne. Il ne peut y avoir de dictateur assez incompétent pour montrer plus de stupidité qu'une majorité populaire. La meilleure serait une dictature où de nombreuses têtes rouleraient et où le gouvernement empêcherait toute croissance économique (...) La plus irrationnelle des croyance des gens est la croyance en la technologie et en la croissance économique. Leurs prêtres croient jusqu'à la mort que la prospérité matérielle apporte joie en bonheur (...) Tout ce que l'humanité a construit depuis un siècle doit être détruit (...) Une erreur fondamentale et dévastatrice est d'avoir fondé un système politique fondé sur le désir. La société a été organisée sur la base de ce que désirent les gens, et non sur la base de ce qui est bon pour eux (...) Notre seul espoir réside dans la mise en place d'un gouvernement centralisé sans compromis pour contrôler les individus-citoyens (...) La production énergétique doit être drastiquement réduite. L'électricité ne doit être accordée que pour les strictes nécessaires éclairages et communications (...) La mobilité doit être basée sur le vélo et les bateaux à rames (...) les voitures individuelles doivent être confisquées. (...) Les excrétats humains doivent être utilisés comme fertilisants (...) Nous avons encore une chance d'être cruel. Mais si nous nos ne sommes pas cruel aujourd'hui, alors tout est perdu (...)" - Source : Unelmat paremmasta maailmasta ("Dreams about a Better World")
- Suite ici :
http://www.electron-economy.org/article-31672405-6.html


Pour moi, Nicolas Hulot est passé de l'alter-mondialisme à l'alter-syndromisme. Et, comme les altermondialistes, il véhicule des voeux pieux, il n'a aucun programme d'action concret à proposer. Il ne se présentera d'ailleurs jamais à 100% aux élections car une fois au pouvoir, il sera sans doute encore plus perdu que dans son film. Le couple Jancovici-Hulot a complètement phagocyté le débat en France sur la thématique énergie/climat. Je trouve cette situation regrettable. Il n'y a vraiment  personne a être à la fois charismatique et capable d'apporter une autre vision, une vision de l'écologie positive. Pas l'écologie positive de façade. Une écologie positive solide. Mais cela va changer, j'espère.
 
Dans ton commentaire précèdant, tu écrivais : "C'est un peu comme dans la vie. Quand on entame une nouvelle étape, il est mieux de faire un bilan avant. " - Oui, et un bilan complet et équilibré. Si un couple se met à faire la liste de tout ce qui va mal et fait l'impasse sur ce qui va bien, si on ne fait que broyer du noir, on se dirige tout droit vers un divorce. Il en va de même avec le couple homme-terre et avec les relations des hommes du monde entier entre eux. Si on fait un bilan complet, on s'aperçoit  de ce qu'ont apporté les sciences et techniques à l'homme (en médecine par exemple, mais aussi au niveau du recyclage de la matière, de la prévention des risques etc.) et du chemin parcouru vers la prospérité et la liberté. Cela passe par la révolution française, par l'abolition de l'esclavage aux USA, par la fin de l'apartheid en Afrique du sud, par le droit de vote des femmes, par mai 68 en France, par la chute du mur de Berlin, par Tienanmen, par l'élection de Barack Obama aux USA, par les manifestations en Iran.

La liberté et la démocratie ne sont jamais des acquis définitifs.  Barack Obama analyse à mon sens très bien la situation :    " (...) Nous savons que la grandeur n'est jamais un dû. Elle doit se mériter. Au cours de notre voyage, nous n'avons jamais choisi de raccourcis ou rabattu nos prétentions. Ce chemin n'était pas fait pour les timorés – pour ceux qui préfèrent les loisirs au travail ou ceux qui ne recherchent que les plaisirs de la richesse et de la célébrité. Au contraire, ce sont ceux qui prennent des risques,  ceux qui passent à l'action, ceux qui construisent – dont certains ont été célébrés, mais plus souvent des hommes et des femmes qui sont restés obscurs dans leur labeur – qui nous ont portés sur ce long chemin escarpé vers la prospérité et la liberté (...)" [discours d'investiture].

Il y a aujourd'hui un péril climatique et certains profitent de cette période pour règler leurs comptes avec les pays libres et prospères, pour tenter d'imposer une doctrine régressive tant sur le plan des libertés que sur le plan économique. Dans cette optique, ils dressent un tableau très noir, pour provoquer le divorce, pour stimuler les frustrations, pour susciter la haine, pour provoquer la lutte,  et créer ainsi un terrain conflictuel dont ils pensent pouvoir tirer profit pour imposer leur modèle de société. Or le modèle communiste a échoué partout où il a été expérimenté dans le monde, car il est incompatible avec l'aspiration la plus profonde des êtres humains : vivre, créer et entreprendre librement.  Faisons un bilan, oui. Mais un bilan complet. Comparons par exemple l'évolution de la Corée du Sud par rapport à la Corée du Nord. La Corée du sud a aujourd'hui comme slogan : "Le Vert pour sortir du Rouge". Je l'ai mis tout en haut de la page d'accueil du présent blog : je le trouve excellent. En France, certains utilisent le vert pour essayer d'imposer le rouge. C'est extrêmement pervers.

Les écologistes français ont aujourd'hui à mon sens besoin de faire leur mai 68 de la pensée écologique, de passer de l'écologie-contrainte à l'écologie-liberté, de l'écologie de la punition à l'écologie de la motivation, de l'écologie du renoncement à  l'écologie du construire, de l'écologie de la peur à l'écologie de l'espoir éclairé. Hulot déclare dans son film "L'homme est grand sous la contrainte". NON. L'homme n'existe plus s'il est soumis à un régime autoritaire, s'il abandonne (ou si on lui retire par la force) son libre-arbitre. L'homme est grand quand il se libère de l'oppression. L'homme est grand quand il est libre et responsable. Il n'y a pas de responsabilité possible sans liberté.

" Il faut un mouvement de masse pour entraîner les politiques vers le changement. Ce n'est peut être pas ce qui devrait se faire dans l'idéal mais vu lurgence, c'est sûrement le moyen le plus efficace. Faire comprendre à la population l'ampleur des enjeux et que justement, la brosse à dent, c'est de la carabistouille. "

Pas d'accord : la méthode morbido-culpabilisante, seule, n'est pas du tout efficace.  Pour génèrer ce mouvement, cette dynamique éco-positive, il convient à mon sens d'opter pour une méthode motivante, tenir compte de la psychologie humaine. Il est fondamental de présenter lucidement les problèmes. Il est tout aussi fondamental de ne pas laisser les gens seuls, choqués, démotivés, face à ces problèmes majeurs, et de présenter systématiquement et tout aussi lucidement les solutions possibles. L'approche de Bertrand Piccard, c'est à mon avis une véritable clé en la matière :

" Si le développement durable ne suscite le plus souvent auprès du public qu'un intérêt un peu craintif, c'est qu'il est encore le plus souvent associé à un sacrifice financier et à une restriction de confort ou de mobilité. C'est cette tendance qu'il faudrait inverser, car personne n'est prêt, même au risque de détruire la planète, à régresser dans son niveau de vie (...)
Suite :

http://www.electron-economy.org/article-33203407.html

Je trouve que les suisses et les belges ont une approche beaucoup plus libérale (au sens donné à ce mot par Cohn-Bendit) de l'écologie que les français. C'est aussi le cas des américains et des mexicains. Question d'univers culturel. Le journaliste Francis Pisani, sortant de la conférence TED 2009 (Technology, Entertainment, Design), Californie : "L’état d’esprit est différent. Au lieu de voir ce qui rend une idée difficile à réaliser, ils imaginent ce qu’il faut faire pour la rendre réalisable". Le scepticisme pour le scepticisme, le  doutage métaphysique, je le trouve parfois presque pathologique chez les français.

Mais on va y arriver.
Ensemble, comme le souligne Home :)
L’impossibilité, pour certains, de croire que le pire va arriver est un obstacle aussi lourd que l'impossibilité de croire, pour d'autres, que le meilleur va arriver.

- Olivier



"Il faut réagir. Mais comment ?
En proposant, en créant un autre monde.
Et surtout, en en donnant envie, en le rendant crédible, désirable (...)"

Isabelle Delannoy




 

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Publié dans : LA CHRONIQUE DU MOMENT
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Commentaires

Merci pour cette longue réponse Olivier ! et désolée de te répondre aussi tardivement.
Je crois aussi qu'il faut basculer vers la projection. Beaucoup de gens sont dans le déni (alors qu'au fond ils ont compris), simplement parce qu'ils ne voient pas ce qu'il peut y a voir comme autre monde de production, que ce soit dans la ressource que l'organisation de l'espace, des échanges ou du travail.

Or c'est tout cela qui est remis en cause ! Donc on comprend que cela peut pétrifier les gens s'ils ne peuvent se projeter.

C'est ça maintenant le grand enjeu chez les écologistes dans le message me semble-t-il. Malheureusement quand tu as passé des années à prendre conscience d'une réalité, à roder un message, à trouver les mots pour convaincre sur un état de fait (l'état des lieux), il est difficile de trouver la forme d'un autre discours. Je pense que certains écolos connus, qui sont aujourd'hui les porte-voix (individus ou association) franchiront le cap, d'autres non. D'autres têtes, celles qui travaillent depuis des années sur les solutions, avec un autre esprit, pourraient émerger. Il le faut.

C'est aussi, il me semble, une question de génération. Difficile pour quelqu'un qui a passé sa vie dans les trente glorieuses, d'imaginer un autre modèle même si il a été capable de le remettre en cause.
Je pense donc qu'il va  y avoir un passage de relai dans les grandes figures ecolos, car comme tu le dis, les gens en ont marre du catastrophisme, il recherchent autre chose.
Pas facile car les medias communiquent par tradition beaucoup sur les catastrophes, le sensationnel. Or ils sont le lieu de la réflexion collective. Il faut que des formats intéressants sur le positif (sans être dans la rosse à dent) émergent dans la presse écrite (le monde le fait parfois), et dans l'audiovisuel.

Commentaire n°1 posté par isabelle le 18/10/2009 à 22h25

"Merci pour cette longue réponse Olivier !"

Merci à toi Isabelle :)

"Je crois aussi qu'il faut basculer vers la projection. Beaucoup de gens sont dans le déni (alors qu'au fond ils ont compris), simplement parce qu'ils ne voient pas ce qu'il peut y a voir comme autre monde de production, que ce soit dans la ressource que l'organisation de l'espace, des échanges ou du travail."

Oui: le problème, c'est l'ignorance. Ignorance du potentiel réel de l'éolien ou des autres renouvelables. Ignorance du fait que les métaux se recyclent (voir par exemple cette intervention de JM Jancovici, c'est stupéfiant : 
http://www.electron-economy.org/article-commentaires-suite-a-un-expose-de-jm-jancovici-a-l-omp--37770231.html
 
"Or c'est tout cela qui est remis en cause ! Donc on comprend que cela peut pétrifier les gens s'ils ne peuvent se projeter."

Ce qui est remis en cause, à mon avis, c'est la pétro-économie. Comme le dit Jean-Louis Borloo :

"Copenhague n'est pas une vision récessive, ce n'est pas le début d'une décroissance mais c'est un nouveau départ pour un développement sobre en carbone, soutenable et robuste" (...) D’où vient cette problématique du changement climatique ? D’un fondement économique qui a lui-même un fondement énergétique qui n’est pas indispensable, ni vital. Nous sommes en train de vivre une parenthèse extraordinaire. Et dans l’histoire de l’humanité, cette parenthèse sera considérée comme la parenthèse du tandem pétrole-charbon, dominé par le pétrole. C’est une anomalie. Tout le monde peut bien comprendre qu’une fraise qui parcourt 10
000 km n’est pas une absolue nécessité pour l’humanité. De même que d’avoir de la mobilité quasi exclusivement par des moteurs thermiques n’est pas une fatalité (...) -  Suite ici


"C'est ça maintenant le grand enjeu chez les écologistes dans le message me semble-t-il."

OUI !!!

"Malheureusement quand tu as passé des années à prendre conscience d'une réalité, à roder un message, à trouver les mots pour convaincre sur un état de fait (l'état des lieux), il est difficile de trouver la forme d'un autre discours."


Je suis entièrement d'accord avec toi. Les bilans sont utiles. Mais à force de broyer de noir, on fini parfois par ne plus savoir faire que cela. Il y a des gens qui sont déprimés, et qui ne font que penser à des trucs lugubres. Bilan : ils restent déprimés. J'ai connu une époque où je pestais à chaque fois que je rencontrais une grosse voiture en ville (c'est à dire très souvent ! mes proches peuvent témoigner; C'était l'époque où je participais aux vélorutions rennaises), ou à chaque fois que je voyais une maison construite sur le littoral breton. Cela me rendait malade de voir les dunes bretonnes piétinées, de voir les gens faire du bruit près des sites où nichent les oiseaux de mer protégés, de voir des gens faire du camping sauvage sur les landes de bruyère vagabonde etc. J’étais un intégriste de l’écologie, un idéaliste.   Aujourd'hui, je vois les choses autrement.

" Je pense que certains écolos connus, qui sont aujourd'hui les porte-voix (individus ou association) franchiront le cap, d'autres non."

Je le pense aussi, y compris pour N. Hulot et YAB, les deux porte-voix les plus médiatisés en France. Pour N. Hulot, il faudrait à mon avis qu'il se détache (au moins un moment) de JM Jancovici.

"D'autres têtes, celles qui travaillent depuis des années sur les solutions, avec un autre esprit, pourraient émerger. Il le faut."

Oui, je l'espère vraiment cela en ce qui concerne la France.
Mais c'est déjà le cas aux USA, au Danemark, en Allemagne, en Chine au Japon, etc.
C'est surtout une question d'état d'esprit. Cela fait deux ans que je ne suis pas rentré en France, et cela fait 4 ans que je ne vis pas en France (Allemagne puis Mexique). Vu de l'étranger, j'ai l'impression qu'une partie des français a sombré dans une sorte de psychose collective.

"C'est aussi, il me semble, une question de génération. Difficile pour quelqu'un qui a passé sa vie dans les trente glorieuses, d'imaginer un autre modèle même si il a été capable de le remettre en cause."

J'ai utilisé l'expression "trente glorieuse verte" dans un autre billet :
http://www.electron-economy.org/article-les-trente-glorieuses-vertes-37543009.html

A mon sens, il n'y a pas de problème d'énergie, ni de problème de matière (si on se décide rapidement à construire la Clean Energy Economy).
Le problème essentiel, à mon avis, est un problème de surface. Celui de la biodiversité lui est directement lié.

"Je pense donc qu'il va  y avoir un passage de relai dans les grandes figures ecolos, car comme tu le dis, les gens en ont marre du catastrophisme, il recherchent autre chose."

Oui. Je trouve que cela devient contre-productif de seulement faire des listes d'impacts négatifs de l'homme sur l'environnement.

"Pas facile car les medias communiquent par tradition beaucoup sur les catastrophes, le sensationnel."

Exact, la stratégie de la peur est rémunératrice. Quand il y a un accident sur la route, cela attire pas mal de monde.  Le coté spectaculaire est recherché par certains journalistes.

Il y a aussi un point important : autrefois, les gens étaient beaucoup plus croyants qu'aujourd'hui, ils allaient à la messe, ils avaient leur dose de sermons bien pensants chaque semaine, de "il ne faut pas faire ceci et cela sinon ceci et cela, purgatoire, pénitence, abstinence et compagnie" etc. Aujourd'hui émerge une nouvelle religion, une religion de substitution, la religion de l'écologie, avec ses grands prêtres, ses sermons ("fais pas ceci et fais pas cela, c'est bien, c'est mal"), et ses fidèles.  Le risque : c'est la démission de la pensée libre.

"Or ils sont le lieu de la réflexion collective. Il faut que des formats intéressants sur le positif (sans être dans la brosse à dent) émergent dans la presse écrite (le monde le fait parfois), et dans l'audiovisuel."

Oui : avoir conscience des ordres de grandeur. Comprendre le rôle asphyxiant des grands groupes en situation de monole, etc. Ce que je conseille à mes amis qui s'intéressent aux thématique Energie/Matière/Homme/Environnement, c'est de lire la presse de vulgarisation scientifique américaine et allemande. Et de ne surtout moins lire la prose française en la matière.

Voici mon témoignage concernant mon approche de l'écologie :

Phase 1 - En 2003-2004, le réchauffement climatique et l'érosion de la biodiversité m'inquiètaient. En 2004, j'ai commencé à beaucoup lire, écouter, échanger etc. à propos de ces questions (je n'ai pas arrêté depuis). Comme beaucoup de néophytes, je suis tombé sur les papiers de Jancovici, et il m'a, à l'époque convaincu : "nous ne pouvons compter  sur les énergies renouvelables que pour répondre à 20% du problème, la décroissance est indispensable". J'ai alors fondé un blog, PlanèteBleue, où je faisais la liste des misères que l'homme fait à la nature et où j'appellais à la simplicité volontaire. J'ai d'ailleurs, entre autres, connu Raffa, que tu connais, à cette époque. Et CarFree etc.

2 - Je me suis intéressé à la thématique pétrole. Pour remplacer un carburant liquide, la première chose qui vient à l'esprit, c'est de trouver un carburant liquide de substitution. Je me suis donc intéressé aux agrocarburants (j'ai lancé le mot à cette époque, voir ici :
http://www.electron-economy.org/article-27521385.html). D'accord avec Jancovici, je me suis rendu compte que les surfaces nécessaires étaient trop grandes.

J'ai continué à chercher, et j'ai découvert le potentiel des microalgues. J'ai publié un papier sur le sujet en 2005 dans Biofutur, papier qui a été repris à droite et à gauche (voiri ici :
http://danielo.olivier.googlepages.com/uncarburant%C3%A0based%C2%B4huiled%27algue )
Puis j'ai découvert Jatropha curcas, une plante qui produit ed l'huile, y compris dans des conditions difficiles.

3 - J'approndie alors encore la réflexion et je découvre que même les microalgues ont un rendement très faible, et que cultiver ces micro-organismes coûte très très cher car contriarement aux plantes terrestres que l'on peut laisser pousser tranquilement, il faut tout contrôler : pH, lumière, minéraux, contaminations bactériennes etc.).

Le rendement de la photosynthèse est très faible (de 0,1 à 0,3% pour les plantes terrestres, juste un peu plus pour les microalgues, voir ici :
Pourquoi les plantes sont elles aussi peu intéressantes pour l'homme dans la perspective de collecter l'énergie solaire ?
http://www.electron-economy.org/article-30404868.html)

Je découvre le rendement époustoufflant des technologies recourant à l'électron.
Je continue de lire de nombreux rapports d'exerts (Berkeley, Stanford, MIT, DLR etc.).

Et je tombe sur le projet DESERTEC. Je suis séduit par le fait que seulement 1% de la surface du Sahara en centrale thermosolaire est suffisant pour répondre à la totalité de la demande électrique mondiale. Je fonde la branche TREC-France du réseau TREC/DESERTEC et une centaine de personnes me rejoignent. Je construit un site TREC-France complet. Un an après, je quitte le réseau TREC/DESERTEC car je découvre que le plan DESERTEC a d'abord été conçu pour l'Allemagne, et non pour l'Afrique. Voir le dossier à ce sujet :
"DESERTEC : un projet pour l'Afrique ?"
http://www.electron-economy.org/article-35143217.html

Je suis parallèlement de moins en moins en phase avec l'approche de mon blog planète bleue, une approche négative, et je fonde ObjectifTerre, le présent blog, un blog ou je choisis de mettre en avant les solutions, sans renoncer à parler des problèmes.

Je suis alors de plus en plus convaincu que Jancovici raconte des choses intéressantes sur le climat et le peak oil, mais que ses propos concernant les énergies renouvelables (éolien etc.) et de l'électro-mobilité sont à la fois archaïques et idéologisés.

Ce qui est super, c'est que je connais l'univers mental des personnes qui ont adopté la doctrine décroissante : c'était ma doctrine en 2004 et 2005. A cette époque, je critiquais l'approche "scientiste" (voir ici :
Homo climaticus : plaidoyer pour une pensée reliante 
 
http://www.electron-economy.org/article-30038263.html )
Aujourd'hui, cela me fait rire quand certains internautes me qualifient de "technophile" ou de "scientiste". Je ne le suis pas, je suis devenu partisan de l'écologie pragmatique et je fais la promotion de la domestication de la technique sauvage (Hans Jonas).

L'écologie pragmatique, c'est quoi ? C'est une écologie qui part sur le postulat que l'on ne changera pas la nature humaine, et qu'il vaut mieux composer avec cette nature qu'aller contre. Bertrand Piccard est l'un des meilleurs représentants de ce type d'écologie :
http://www.electron-economy.org/article-33203407.html

C'est aussi l'approche de Daniel COHN-BENDIT :
"(...) Une écologie qui prenne acte de l'économie de marché pour mieux la réguler.  (...) Une écologie de l'innovation, de l'excellence, de la précision, qui renonce à la paresse intellectuelle de la pensée dogmatique et rompt avec l'approximation. Une écologie qui préfère la réalité à la pureté, ce qui ne l'empêche pas de rêver et de faire rêver. Une écologie de l'envie et de l'enthousiasme, qui -sans pour autant être naïve- tourne le dos au catastophisme, à l'écologie de la privation, de la peur, de l'urgence et de la menace !  (...) Une écologie libérale aux plans politique, culturel et sociétal. Une écologie moderne résolument tournée vers l'avenir, un mouvement du développement durable qui assume pleinement le mot   développement. (...) "Si vous voulez aujourd’hui vous attaquer à une décroissance de l’énergie du pétrole etc, il faut une croissance des énergies renouvelables ! (...) On a pendant longtemps laissé la liberté à la droite pour ne parler que de solidarité. On ne gagnera pas sans reparler de liberté"

A mon sens, il y a trois degrés dans l'évolution de la pensée écologique, voir ici pour la suite :
http://www.electron-economy.org/article-les-trois-etapes-de-l-eco-conscience-37782635.html

- Olivier

Réponse de Objectif Terre le 18/10/2009 à 23h49
Ne centre pas que sur l'énergie, n'oublie pas l'eau, la biodiversité et la dissémination des toxiques. On peut s'en sortir sur l'énergie et ne pas s'en sortir globalement à cause du reste. Bises
Commentaire n°2 posté par isabelle le 19/10/2009 à 00h07

Isabelle, c'est vrai que mon blog est surtout centré sur les thématiques énergétiques : la question du couple énergie/climat me semble importante.

Mais je mets de plus en plus l'accent sur l'écocyclage et les flux de matière etc :
http://www.electron-economy.org/categorie-10959459.html

Une croissance verte durable ? Demandez aux plantes ! :)
http://www.electron-economy.org/article-36445848-6.html

"Pratiquer le biomimétisme : En imitant la nature, on peut éliminer jusqu’à l’idée même de déchet. Il suffit d’inventer des matériaux, des procédés et des produits qui permettront de former des boucles s’intégrant dans les grands cycles naturels et favorisant la constante réutilisation des matières premières et l’élimination des matières toxiques."
- Amory Lovins

Concernant l'eau, YAB avait réalisé un splendide documentaire qui se terminait par un beau message d'espoir en israéliens et palestiniens.

Je cherche précisément à mettre en avant les approches multicritères :
Exemple :

AGROCARBURANTS : L'ADEME publie une étude incomplète d'un point de vue environnemental
http://www.electron-economy.org/article-agrocarbuants-l-ademe-publie-une-etude-prenant-en-compte-uniquement-le-co2-37301033.html

Bisou à toi :)
Olivier

Réponse de Objectif Terre le 19/10/2009 à 00h36

De blog en blog ...
Trace de ma visite ...
Belle Surprise que de découvrir un tel pseudo qui a été une de mes 1ères rubriques (en date du 23/12/2006) sur une ancienne blogosphère ...
Témoignage précieux ...
Merci de le faire partager ...
Bonne fin de semaine ...
 

Commentaire n°3 posté par wEBLog le 28/10/2009 à 21h08
Bonour WEblog.

Vous posez sur votre blog la question suivante :
"Comment l'être humain va-t-il partager la rareté de demain ?"

Ma réponse :

Nous vivons actuellement le commencement d'une révolution : le passage d'une économie mondiale basée sur une énergie limitée, rare, chère, aux prix instables et inégalement distribuée à la surface du globe (le pétrole) à une économie basée sur une diversité d'énergies renouvelables, très abondantes, disponibles partout (production locale, autonomie énergétique) et bon marché. Le passage d'une économie qui épuise les ressources rares, qui accumule les déchets et qui gaspille les espaces à une économie basée d'une part sur l'efficacité énergétique et matérielle (rendre un service identique avec moins d'énergie et de matière) et d'autre part  sur des matériaux facilement recyclables qui s'inscrivent dans les grands cycles naturel, où la notion de "déchet" et de "pénurie" disparaît. Le passage d'une production énergétique ultra-centralisée dominée par quelques groupes en situation de monopole a une production énergétique locale et libre.

- Olivier
Réponse de Objectif Terre le 28/10/2009 à 21h39

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