Mercredi 2 décembre 2009
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Photo : la terre est un système ouvert sur le plan énergétique. En 19 heures, la terre intercepte une énergie solaire équivalente à la totalité du
pétrole terrestre, celui que l'on a déjà brûlé depuis un siècle et celui qui reste sous terre. Le vent et l'énergie liée au cycle de l'eau sont des énergie solaires
dérivées.
Chat
organisé par LeMonde.fr avec Jean-Charles Hourcade, directeur du Centre international de recherche sur l'environnement et le développement (Cired) :
Perrine : La lutte contre le réchauffement climatique est-elle un facteur de croissance ?
Jean-Charles Hourcade : La lutte contre le réchauffement climatique repose essentiellement sur une réorientation des investissements. Si l'on veut caricaturer, cela veut dire produire de l'électricité à partir de,
l'hydraulique ou du solaire plutôt que du charbon. Cela veut dire aussi investir davantage sur le transport par rail et les véhicules électriques que sur le transport par route et le moteur Ã
explosion conventionnel. En d'autres termes, on peut au bout du compte "produire" le même montant d'euros ou de dollars, simplement ce même montant d'euros ou de dollars correspondra à un contenu
matériel très différent. C'est d'ailleurs pourquoi la question de la décroissance n'a aucun sens.
Commentaire ObjectifTerre : Entièrement d'accord là -dessus.
ENR (Wind, Water, Solar) + Efficacité énergétique (Electro-mobilité, éco-habitat, éco-industries) + Intelligence informatique = Clean Energy & EcoCycling Economy
Briol : Quand la grenouille voulut se faire plus grosse que le bœuf, en oubliant qu'elle était "un système clos", elle en
creva. Ne pensez-vous pas que l'idée de croissance pour cet autre système clos qu'est notre planète conduit à la même fin ? Ne faut-il pas remplacer le mot "croissance" par celui de "régulation"
?
Jean-Charles Hourcade : Il y a une grande confusion entre le mot "croissance", au sens de croissance de notre consommation de biens matériels, et le
mot "développement", qui signifie simplement qu'on peut très bien améliorer le niveau de vie, le niveau culturel, le niveau de bien-être des populations tout en restant dans le cadre du "capital
naturel" qui nous entoure. Si on veut être un peu plus philosophique, on peut dire que le fait que la planète soit close n'implique pas que le développement humain soit clos et fini.
Commentaire ObjectifTerre : Briol conçoit la planète terre comme une prison, un monde fermé.
Or la vie n'a été possible sur terre que parce que la terre est un système très ouvert : la terre intercepte une puissance
solaire de 175 000 TW. Ceci va durer encore 5 milliards d'années. L'énergie consommée par les humains aujourd'hui correspond à une énergie de 15 TW. Notre planète, sur le plan
énergétique, n'est pas close. Si la terre n'était pas un système ouvert, la photosynthèse s'arrêterait, entraînant la disparition des animaux et de l'homme.
De plus, quand on
extrait un kilo d'aluminium de la terre pour en faire un objet, la quantité d'aluminium sur terre reste strictement identique. A partir du moment où l'on met en place
l'éco-cycling, l'aluminium en question peut servir à produire autant d'objets qu'on le désire au cours du temps. Un enfant qui joue sur la plage construit un chateau de sable. Puis il
le détruit et en construit un autre. Le processus peut recommencer (avec à chaque fois un chateau plus évolué) des milliers de fois à la seule condition que l'on fournissent l'énergie
(alimentation) nécessaire à l'enfant. Or nous bénéficions, encore une fois, d'un flux solaire massif : il n'y a pas de problème énergétique, et vu que l'enfant écocycle le sable, il n'y a
pas de problème de matière. Le flux de chateaux ainsi construits par l'enfant, c'est le PIB de l'enfant, un indice qui mesure l'activité (économique), le nombre de chateaux construits
sur une période donnée. L'idéologie de la décroissance consiste à vouloir interdire à l'enfant de reconstruire d'autres chateaux à partir du sable issu de la destruction du chateau
antérieur : c'est une interdiction qui n'a pas de fondement physique et que j'estime absurde : laisons les enfants jouer librement. Les hommes sont des bâtisseurs de chateaux de sable.
La seule vraie limite est la surface cultivable, car on ne sait pas produire des molècules organiques commestibles par l'homme
sans recourir aux organismes photosynthétiques. Il convient d'intègrer ici l'équilibre que l'on souhaite, ou non, établir entre surfaces anthropisées et surface naturelles (biodiversité
écosystétique et spécifique).
Mais là encore, il y a des solutions très pertinentes : les microalgues ont un rendement bien plus élevé que les plantes
terrestres, nous pouvons les cultiver en mer et elles ont une valeur nutritionnelle très élevée. Une alimentation mixte microalgues (50%) + végétal classique (40%) + animal (10%) est parfaitement
envisageable.
- Olivier
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