Dimanche 29 novembre 2009
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” (…) Phil Jones est un acteur clé dans la science du changement climatique. Les bases de données de température mondiale et les
mesures de son unité de recherche ont été cruciales dans la construction du problème du réchauffement climatique.
Ce que ces e-mails suggèrent, cependant, est que Jones et certains de ses collègues pourraient être devenus tellement convaincus de leur affaire qu’ils sont passé de la recherche objective à
l’activisme.
Dans l’un, Jones se vantait d’utiliser des astuces “statistiques” pour oblitérer une
baisse visible de la température mondiale. Dans un autre, il annonce vouloir supprimer des données plutôt que de les remettre aux sceptiques du climat.
Et dans un troisième, il a proposé d’organiser le boycott des revues qui ont eu l’audace de publier des documents qui ont miné le message [du réchauffement
anthropique] (…)
Roger Pielke, professeur d’études environnementales à l’Université du Colorado à Boulder, a déclaré : “Au cours des dix dernières
années il y a eu une bataille politique entre les sceptiques du climat et des scientifiques militant. Il me semble que les scientifiques ont perdu le contact avec ce qu’ils faisaient. Ils se
voient comme dans une bataille avec les sceptiques, plutôt que de faire avancer la connaissance scientifique.”
Le professeur Mike Hulme, un chercheur associé de Jones à l’Université d’East Anglia et auteur de Pourquoi nous somme en désaccord sur
le changement climatique, a déclaré : “Les attitudes révélées dans les e-mails semblent inappropriées. Le tribalisme démontré dans certains e-mails est quelque chose de plus généralement
associée à l’organisation sociale au sein de cultures primitives, il est indésirable dans le contexte de la science ” (…)
The great climate change science scandal
By Jonathan Leake, Environment
Editor
" (...) Jones and some colleagues may have become so convinced of their case that they crossed the line from objective research into active campaigning (...) In one mail, Jones
boasted of using statistical “tricks” to obliterate apparent declines in global temperature. In another he advocated deleting data rather than handing them to climate sceptics. And in a third he
proposed organised boycotts of journals that had the temerity to publish papers that undermined the message (...) Lord Lawson, the Tory former chancellor, announced last week the
creation of the Global Warming Policy Foundation, a think tank, to “bring reason,
integrity and balance to a debate that has become seriously unbalanced, irrationally alarmist, and all too often depressingly
intolerant” (...) Roger Pielke, professor of environmental studies at the University of Colorado at Boulder, said: “Over the last decade there has been a very political battle
between the climate sceptics and activist scientists. It seems to me that the scientists have lost touch with what they were up to. They saw themselves as in a battle with the sceptics
rather than advancing scientific knowledge (...) Professor Mike Hulme, a fellow researcher of Jones at the University of East Anglia and author of Why We Disagree About
Climate Change, said: “The attitudes revealed in the emails do not look good. The tribalism that some of the leaked emails display is something more usually associated with
social organisation within primitive cultures; it is not attractive when we find it at work inside science (...)” - The Times
Cet article a été publié dans la version papier du journal. The Times est un quotidien britannique tiré à 650000 exemplaires par jour.
A propos de Jonathan Leake
http://www.journalisted.com/jonathan-leake
ça y est ! Les langues se délient en Grande-Bretagne. Enfin !
Georg Monbiot (voir ici), journaliste de The Guardian et très
respecté dans le milieu écologiste, a réussi à faire ouvrir les yeux (La rédaction de The
Telegraph réagit aussi).
A ce stade, cependant, toujours aucun article lucide et objectif dans la presse française (du moins à ma connaissance). Les journalistes français (Stéphane Foucart du Monde,
Sylvestre Huet de Libération, Guerric Poncet du Point, Denis Delbeck de Science et Vie, ou encore Fabrice Nicolino, écrivain-blogueur) sont toujours dans la stratégie de la tentative
d'étouffement de l'affaire. Je trouve cela complètement contre-productif.
Aux USA (WallStreet Journal, NewYork Times, NewYork Times/Freakonomics,
Washington Post, FoxNews, The New
American, etc.), au Canada (Canada.com), en Australie, en Russie (Russia Today TV), en Chine, au Brésil (Folha de
Sao Paulo) et en Arabie Saoudite, les langues sont déliées depuis le début de l'affaire. La rédaction de la revue scientifique Nature s'y met et considère que cela tourne à l'une des principales controverses de l'année : "The online publication of
sensitive e-mails and documents from a British climate centre is brewing into one of the scientific controversies of the year, causing dismay among affected institutes and
individuals. The tone and content of some of the disclosed correspondence are raising concerns that the leak is damaging the credibility of climate science on the eve of the United Nations
climate summit in Copenhagen in December."
En Espagne (Expansión, El
País), en Italie (Corriere della sera) et en Allemagne
(Deutsche
Welle, Spiegel, etc...), cela commence. Il y a
vraiment un sérieux problème en France.
En réalité, la thématique climatique constitue un axe stratégique de la propagande pro-nucléaire de Nicolas Sarkozy. Ce dernier conçoit Copenhague comme une tribune pour vendre du nucléaire, et aussi pour tenter de mépriser Barack Obama (une
question d'égo, un truc bling-bling). Il constitue aussi un axe stratégique pour les éco-communistes et apparentés qui s'en servent pour tenter de remettre en cause
l'économie de marché. Enfin, il constitue aussi un axe stratégique pour les partisans de la régression économique au nom d'un idéal écologique (fantasme de pureté). Ces trois
approches, dont les motivations sont très différentes mais qui sont convergentes dans l'idée d'utiliser le climat comme une arme de manipulation de l'opinion, conduisent en France
à une exagération spectaculaire de la problématique climatique et à un étouffement total de l'affaire des emails.
A suivre.
- Olivier
Lire aussi :
Affaire des emails climatiques piratés : une crise salutaire si chacun sait en tirer les leçons
http://www.electron-economy.org/article-affaire-des-emails-climatiques-pirates-une-crise-salutaire-si-chacun-sait-en-tirer-les-le-ons-40218811.html
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