Les phrases clés du
discours:
"Nous n'allons pas nous excuser pour notre mode de vie, nous le défendrons sans relâche"
"La question qui se pose à nous n'est pas, non plus,
de savoir si le marché est une force qui œuvre pour le bien ou pour le mal. Sa capacité à produire de la richesse et à
propager la liberté est sans égale, mais cette crise nous a rappelé que si nous ne sommes pas vigilants, le marché peut devenir
incontrôlé."
"L'état de notre
économie nécessite des mesures audacieuses et rapides, et nous allons les prendre (...) pour poser des jalons en vue de
faire redémarrer la croissance. (...)Nous allons rendre à la science la place qui lui revient, et nous servir des merveilles de la technologie (...) Nous allons
exploiter l'énergie du soleil, du vent et du sol pour faire marcher nos voitures et nos usines."
"Au monde musulman, nous disons que nous cherchons une nouvelle voie, fondée sur
les intérêts réciproques et le respect mutuel. Aux dirigeants dans le monde qui cherchent à semer la discorde ou qui font porter à
l'Occident la responsabilité des maux de leur société : sachez que votre peuple vous jugera sur ce que vous pouvez construire, et non pas sur ce que vous détruisez. (...) à
ceux qui essaient de réaliser leurs objectifs en propageant la terreur et en massacrant les innocents, nous disons : à présent, notre résolution est plus forte et ne peut pas être
altérée.Vous ne pourrez pas nous survivre, et nous vous vaincrons.
"
Le discours intégral (avec commentaires):
Chers compatriotes, je me tiens aujourd'hui devant vous avec un sentiment d'humilité, devant la tâche qui nous attend, de reconnaissance pour la confiance que vous m'avez manifestée,
gardant à l'esprit les sacrifices consentis par nos ancêtres. Je remercie le président Bush pour les services qu'il a rendus à notre nation, ainsi que pour la générosité et la coopération dont il
a fait preuve tout au long de cette transition. Quarante-quatre Américains ont, avant moi, prêté serment pour la présidence. Leurs paroles ont été prononcées pendant des vagues de prospérité et
alors que nous vivions dans les eaux calmes de la paix. Cependant, en d'autres temps, ce serment a été prêté alors que les nuages s'amoncelaient et que les tempêtes faisaient rage. Dans ces
moments-là, l'Amérique a poursuivi son chemin. Pas seulement en raison de la compétence ou de la vision de ceux qui étaient au gouvernement, mais parce que nous, le peuple, nous sommes restés
fidèles aux idéaux de nos pairs et respectueux de nos actes fondateurs.
C'est ainsi que cela s'est passé. Et c'est ce qui doit se passer avec cette génération d'Américains. Nous savons maintenant
fort bien que nous sommes en crise. Notre nation est en guerre contre un vaste réseau de violence et de haine. Notre économie est fortement affaiblie,
conséquence de la rapacité et de l'irresponsabilité dont ont fait preuve certains, à cause également de notre incapacité collective à faire des choix difficiles et à préparer la nation à une
nouvelle ère. Des maisons ont été perdues; des emplois ont été détruits; des entreprises ont fait faillite. Notre système de santé est trop onéreux; nos écoles laissent trop de jeunes au bord de
la route; et chaque jour, nous constatons que la façon dont nous consommons l'énergie renforce nos adversaires et menace notre planète.
Voilà les indicateurs de la crise que l'on peut exprimer en données et statistiques. Ce qui est moins mesurable, mais tout aussi grave, c'est la manière dont nous avons perdu notre
confiance en nous-même – une peur lancinante que le déclin de l'Amérique est inévitable et que la génération suivante doit viser
moins haut.
[commentaire: certains internautes ont très mal compris cette phrase et croient qu'Obama considère que le déclin de l'Amérique est inévitable et
qu'il appelle à la décroissance! Il appelle au contraire à sortir de la sinistrose et à ce que les américains retrouvent confiance en eux-mêmes et relancent la croissance, une croissance
verte. Une analyse de Bernard-Henri Levy à ce sujet: " (...) Troisième niaiserie
dont on ose espérer qu'elle nous sera évitée dans l'avalanche des commentaires qui vont, maintenant, déferler : Barack Obama n'est pas, ne sera pas, le président du « déclin de l'empire américain
(...) - Le Point". ]
Aujourd'hui, je voudrais vous dire que nous sommes confrontés à de véritables défis. Ils sont graves et ils sont nombreux. Nous ne pourrons pas les relever facilement ou rapidement. Mais je veux
dire ceci à l'Amérique : ces défis seront relevés.
[commentaire: le message d'Obama est responsable et optimiste]
En ce jour, nous sommes réunis parce que nous avons préféré l'espoir à la crainte, l'union au conflit et à la dissension.
En ce jour, nous sommes venus proclamer la fin des doléances mesquines et des fausses promesses, des récriminations et des dogmes usés qui, pendant beaucoup trop
longtemps, ont étouffé notre politique.
[commentaire: Exemple de pensées dogmatiques usées: croîre qu'une économie sans pétrole et 100% basée sur les énergies renouvelables, ceci tout en
préservant notre niveau de confort, est impossible. Ou croire que l'électrification du parc automobile mondial est impossible.]
Nous restons une nation jeune, mais, selon les paroles des Ecritures, le temps est venu de laisser de côté les enfantillages. Le moment est venu de faire preuve à nouveau de
ténacité; de choisir ce qu'il y a de mieux dans notre histoire; de continuer à faire passer ce don précieux, cette noble idée transmise de génération en génération. La promesse
divine selon laquelle nous sommes tous égaux, nous sommes tous libres, et nous avons tous le droit de chercher le bonheur qui nous revient.
[commentaire: la liberté est une notion qui dérange les gourous de la décroissance, les ayatolah de l'écologie punitive et du communisme
vert.]
En proclamant à nouveau la grandeur de notre nation, nous savons que la grandeur n'est jamais un dû. Elle doit se mériter. Au cours de notre voyage, nous n'avons jamais choisi de raccourcis ou
rabattu nos prétentions. Ce chemin n'était pas fait pour les timorés – pour ceux qui préfèrent les loisirs au travail ou ceux qui ne recherchent que les plaisirs de la richesse et de la
célébrité. Au contraire, ce sont ceux qui prennent des risques,
[Commentaire, Vinod Khosla, Venture capitalist:
"An entrepreneur is someone who dares to dream the dreams and is foolish enough to try to make those dreams come true." ]
ceux qui passent à l'action, ceux qui construisent – dont certains ont été célébrés, mais plus souvent des hommes et des
femmes qui sont restés obscurs dans leur labeur – qui nous ont portés sur ce long chemin escarpé vers la prospérité et la
liberté.
[Oui, pour construire la green economy et avancer sur le chemin de la liberté et de la prospérité, il nous faut investir, il nous faut de courageux
entrepreneurs, et il nous faut aussi marginaliser les marchands de peur, de décroissance et de sinistrose]
C'est pour nous qu'ils ont emporté les quelques biens qu'ils possédaient sur terre et traversé les océans en quête d'une nouvelle vie. C'est pour nous qu'ils
ont travaillé dur dans des conditions difficiles et se sont installés dans l'ouest du pays; qu'ils ont supporté les coups de fouet et qu'ils ont péniblement labouré la terre. C'est pour nous qu'ils ont combattu et qu'ils sont morts à Concord et Gettysburg; en Normandie et à Khe Sahn. D'innombrables fois, ces
hommes et ces femmes ont lutté, fait des sacrifices et travaillé jusqu'à ce que leurs mains soient à vif, afin que nous puissions avoir une vie meilleure. Ils voyaient l'Amérique comme plus vaste
que la somme de nos ambitions individuelles; allant au-delà des différences de naissance, de richesse ou d'opinion.
[Il faut aujourd'hui que les vrais musulmans combattent avec fermeté les islamistes intégristes et violents. Les vrais musulmans, c'est à dire ceux qui ont compris
que le message du Coran est un message d'amour et de paix, et non de haine, ont le devoir de faire cela, dans l'intérêt de tous. Etre pacifiste, ce n'est pas refuser la guerre. C'est
poser les conditions de la paix]
C'est ce voyage que nous poursuivons aujourd'hui. Nous sommes toujours la nation la plus prospère, la plus puissante de la Terre. Nos travailleurs ne sont pas moins productifs qu'avant la crise.
Nos esprits ne sont pas moins inventifs. Nos biens et nos services ne sont pas moins nécessaires que la semaine dernière, le mois dernier ou l'année dernière. Nos capacités demeurent intactes. Le
temps où nous étions passifs, où nous protégions nos intérêts étriqués et où nous remettions à plus tard les décisions difficiles – ce temps-là est certainement révolu.
[commentaire: Le temps où Bush refusait s'engager pour réduire émissions de gaz à effet de serre etc.]
A partir d'aujourd'hui, nous devons nous relever, nous secouer et commencer à refonder l'Amérique.
[commentaire: Oui, bougeons-nous, communiquons, éduquons, investissons, construisons]
En effet, où que nous regardions, nous devons nous atteler à la tâche. L'état de notre économie nécessite des mesures audacieuses et rapides, et nous allons
les prendre – pas seulement pour créer de nouveaux endroits, mais pour poser des jalons en vue de faire redémarrer
la croissance. Nous allons construire les routes, les ponts et les liens numériques dont notre secteur marchand a besoin et qui nous relient les uns aux
autres. Nous allons rendre à la science la place qui lui revient, et nous servir des merveilles de la technologie pour améliorer la qualité de nos
soins et abaisser leurs coûts. Nous allons exploiter l'énergie du soleil, du vent et du sol pour faire
marcher nos voitures et nos usines.
Et nous allons transformer nos écoles et nos universités pour être à la hauteur des exigences d'une nouvelle ère. Tout cela, nous pouvons le faire. Et tout cela, nous allons le faire.
Eh bien, d'aucuns vont remettre en cause l'ampleur de nos ambitions – vont affirmer que notre système ne peut pas supporter un trop grand nombre de programmes d'envergure. Leur
mémoire est courte. En effet, ils ont oublié ce que ce pays a déjà accompli; ce que des hommes et des femmes libres peuvent réaliser lorsqu'ils utilisent leur imagination pour atteindre un
objectif commun, et lorsqu'ils font preuve de courage en cas de nécessité.
[commentaire: Imagination, créativité, innovation, responsabilité, liberté d'entreprendre.]
Ce que les cyniques ne comprennent pas, c'est que le sol s'est dérobé sous leurs pieds – c'est que les arguments politiques dépassés qui nous ont
détruits pendant si longtemps ne sont plus valables. La question que nous posons aujourd'hui n'est pas de savoir si notre gouvernement est trop interventionniste ou pas assez, mais s'il
fonctionne – s'il aide les familles à trouver des emplois avec un salaire correct, à bénéficier de soins abordables, d'une retraite décente. A chaque fois que la réponse sera oui, nous irons de
l'avant. A chaque fois que la réponse sera non, nous mettrons fin aux programmes. Et ceux d'entre nous qui gèrent les deniers publics devront rendre des
comptes – dépenser de manière judicieuse, changer les mauvaises habitudes et faire notre travail en toute transparence – car c'est la seule façon pour rétablir les liens de confiance cruciaux
entre un peuple et son gouvernement.
La question qui se pose à nous n'est pas, non plus, de savoir si le marché est une force qui œuvre pour le bien ou pour le mal. Sa capacité à
produire de la richesse et à propager la liberté est sans égale, mais cette crise nous a rappelé que si nous ne sommes pas vigilants, le marché peut devenir
incontrôlé.
[ ObjectifTerre, article introductif:
http://www.electron-economy.org/pages/Objectif_Terre__Presentation_du_blog-108248.html
(...) Le troisième pari : c'est grâce aux forces du marché (et non contre le marché) que nous
pourrons résoudre les défis climatiques et énergétiques auxquels nous commencons à être confrontés aujourd'hui. Doit-on pour autant abandonner notre avenir aux forces brutes du marché
et risquer de se noyer dans les logiques de court terme ? Certainement pas ! Le rôle de l'état est d'orienter le marché, de dompter ce fauve qui peut
faire des carnages tant au niveau écologique que social. Et le rôle des scientifiques et des ingénieurs est de domestiquer la technique sauvage pour reprendre
l'expression du philosophe Hans Jonas dont la réflexion est à mon sens vraiment utile aujourd'hui à l'heure des choix énergétiques pour construire la société
post-pétrole : "Le Prométhée définitivement déchaîné, auquel la science confère des forces jamais encore connues et l'économie son impulsion
effrénée, réclame une éthique qui, par des entraves librement consenties, empêche le pouvoir de l'homme de devenir une malédiction pour lui (...) Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre." -
Hans Jonas, Le Principe responsabilité : une éthique pour la civilisation technologique, 1979 (...) ]
Une nation ne peut pas prospérer pendant longtemps lorsqu'elle ne favorise que les nantis. Notre réussite économique n'a pas été dépendante uniquement du montant de notre produit intérieur brut,
mais également de l'étendue de notre prospérité, de notre capacité à offrir des opportunités à chaque homme ou femme de bonne volonté. Non pas par charité, mais parce que
c'est la voie la plus sûre au bien-être commun.
En ce qui concerne notre défense commune, nous refusons de faire le choix erroné entre notre sécurité, d'une part, et nos idéaux, de l'autre.
Nos Pères fondateurs, confrontés à des dangers inimaginables, ont rédigé une charte afin de garantir l'Etat de droit et les droits de l'homme, une charte que le
sang des générations suivantes n'a fait que renforcer. Ces idéaux éclairent le monde encore maintenant, et nous n'allons pas y renoncer par commodité. (Applaudissements.) C'est ainsi que je
souhaite dire à tous les autres peuples et gouvernements qui nous regardent aujourd'hui, depuis les capitales les plus prestigieuses jusqu'au petit village où mon père est né : sachez que
l'Amérique est l'amie de toutes les nations et de tous les hommes, femmes et enfants qui aspirent à la paix et à la dignité, et sachez que nous sommes prêts à être une fois encore ceux qui
montrent la voie.
Rappelez-vous que les générations précédentes ont combattu le fascisme et le communisme non seulement avec des missiles et des chars, mais également grâce à la
solidité de leurs alliances et la ténacité de leurs convictions.
Elles ont compris que notre puissance seule ne peut pas nous protéger, et qu'elle ne nous donne pas le droit d'agir à notre guise. Au contraire, elles savaient que notre puissance augmente
lorsqu'elle est utilisée de manière prudente, que notre sécurité émane de la justesse de notre cause, la force de notre exemple et les qualités modératrices que sont l'humilité et la
retenue.
Nous sommes les gardiens de cet héritage. Guidés une fois de plus par ces principes, nous pouvons faire face à ces menaces qui exigent davantage d'efforts, davantage de
coopération et de compréhension entre les nations. Nous allons prendre nos responsabilités en Irak en laissant ce pays à son peuple. Nous allons établir une paix
durement acquise en Afghanistan. Nous allons travailler sans relâche avec nos anciens amis et nos ennemis pour atténuer la menace nucléaire et pour lutter contre ce fléau
qu'est le réchauffement de la planète. Nous n'allons pas nous excuser pour notre mode de vie, nous le défendrons sans
relâche, et à ceux qui essaient de réaliser leurs objectifs en propageant la terreur et en massacrant les innocents, nous disons : à présent, notre résolution est plus
forte et ne peut pas être altérée.Vous ne pourrez pas nous survivre, et nous vous vaincrons [applaudissement du public; 1 américain sur 100 était présent à
Washington pour écouter Barack Obama].
Car nous savons que notre patrimoine bigarré est une force, et non une faiblesse. Nous sommes une nation de chrétiens et de musulmans, de juifs, d'hindous et d'athées. Nous sommes façonnés par
toutes sortes de langues et de cultures venant de tous les coins du monde. Et parce que nous avons goûté le brouet amer de la guerre civile et de la ségrégation, et parce que, de ce chapitre
sombre de notre histoire, nous sommes sortis plus forts et plus unis, nous ne pouvons pas ne pas croire que les vieilles haines cesseront un jour, que les sentiments
d'appartenance disparaîtront, que le monde deviendra plus petit, que notre humanité commune va se révéler et que
l'Amérique doit jouer le rôle qui lui revient en inaugurant une nouvelle ère de paix.
Au monde musulman, nous disons que nous cherchons une nouvelle voie, fondée sur les intérêts réciproques et le respect mutuel. Aux dirigeants dans le monde qui cherchent
à semer la discorde ou qui font porter à l'Occident la responsabilité des maux de leur société : sachez que votre peuple vous jugera sur ce que vous
pouvez construire, et non pas sur ce que vous détruisez.
[Commentaire: Message dirigé aux dangereux idéologues au pouvoir en Iran, et à leurs collabos du Hamas et du Hezbollah]
A ceux qui s'accrochent au pouvoir par la corruption, la tromperie, en faisant taire l'opposition, sachez que vous êtes du mauvais côté de l'Histoire, mais que nous vous tendrons la main si vous
êtes prêts à desserrer le poing. Au peuple des nations pauvres, nous nous engageons à coopérer avec vous pour rendre vos fermes prospères
et vous apporter de l'eau potable, pour nourrir les corps de ceux qui ont faim et nourrir les esprits affamés. Et à ceux des pays qui, comme le nôtre, bénéficient d'une relative
opulence, nous disons : nous ne pouvons plus nous permettre d'être indifférents aux souffrances hors de nos frontières, nous ne pouvons pas non
plus consommer sans réfléchir les ressources du monde.
[Commentaire: "Nous devons nous
organiser collectivement pour que les hommes puissent agir et entreprendre avec le maximum de liberté, à l’intérieur des contraintes globales définies par les capacités des écosystèmes."
- Alain Granjean, Et si nous rendions le capitalisme
durable?, mars 2007 ]
Car le monde a changé, et nous devons changer avec lui.
[Commentaire:
Al Gore, New York Times, 9 novembre 2008:
The Climate for Change - (...) Here is the good news: the bold steps that are needed to solve the climate crisis are exactly the same steps
that ought to be taken in order to solve the economic crisis and the energy security crisis (...)
http://www.nytimes.com/2008/11/09/opinion/09gore.html
www.repoweramerica.org ]
Alors que nous regardons la route devant nous, nous avons une pensée pleine de reconnaissance et d'humilité pour ces Américains courageux qui, en ce moment même,
sont en patrouille dans des déserts lointains et des montagnes éloignées. Nous les entendons nous dire quelque chose aujourd'hui, exactement comme nous entendons les héros morts, enterrés à
Arlington, murmurer à travers les siècles. Nous leur rendons hommage pas seulement parce qu'ils sont les gardiens de notre liberté, mais également parce qu'ils incarnent l'esprit de service, une volonté de trouver un sens dans quelque chose qui nous dépasse. Et justement,
en ce moment, moment qui va marquer une génération, c'est précisément cet état d'esprit qui doit nous habiter.
En effet, le gouvernement peut et doit agir, mais, en fin de compte, c'est la foi et la détermination du peuple américain dont la nation
dépend. C'est la gentillesse de ceux qui accueillent un étranger lorsque les digues se sont rompues, c'est l'altruisme des travailleurs qui préfèrent réduire leurs heures de travail plutôt
que de voir un ami perdre son emploi qui nous aident à traverser les heures les plus sombres. C'est le courage manifesté par un pompier qui se lance à l'assaut d'un escalier rempli de fumée,
et également la capacité d'un parent à s'occuper d'un enfant qui décident de notre destin en fin de compte.
Nos défis sont peut-être nouveaux. Les instruments utilisés pour les relever sont peut-être nouveaux. Mais les valeurs dont dépend notre réussite – travail
acharné et honnêteté, courage et fair-play, tolérance et curiosité, loyauté et patriotisme –, ces valeurs sont anciennes. Elles sont vraies. Elles ont constitué la force tranquille du progrès tout au long de notre histoire. Il est donc nécessaire de revenir à ces vérités. Ce que nous devons faire à présent, c'est
entrer dans une nouvelle ère de responsabilité – c'est de reconnaître, et chaque Américain doit le faire, que nous avons des devoirs envers nous-mêmes, envers notre nation et
envers le monde. Des devoirs que nous n'acceptons pas à contrecœur, mais que nous sommes contents d'assumer, sachant pertinemment que rien n'est aussi satisfaisant pour l'esprit, aussi marquant
pour notre caractère, que de nous consacrer tous à une tâche difficile.
C'est là le prix et la promesse de la citoyenneté.
C'est là la source de notre confiance, le fait de savoir que Dieu nous appelle pour façonner un destin incertain.
C'est le sens de notre liberté et de notre croyance – la raison pour laquelle des hommes, des femmes et des enfants de toutes
races et de toutes croyances peuvent se rassembler dans une célébration sur cette magnifique esplanade du Mall, et pourquoi un homme dont le père, il y a moins de soixante ans, risquait de ne pas
être servi ici dans un restaurant peut maintenant se trouver devant vous pour prêter le serment suprême.
C'est pourquoi ce jour doit nous rappeler qui nous sommes et le chemin que nous avons parcouru. L'année de la naissance de l'Amérique, pendant les mois les plus froids, un petit groupe de
patriotes se blottissait autour de feux de camp presque éteints sur les rives d'une rivière glacée. La capitale était abandonnée. L'ennemi avançait. La neige était tachée de sang. Au moment où
l'issue de notre révolution était la plus incertaine, le Père de notre nation a demandé que ces mots fussent lus devant le peuple : "Que l'on proclame au monde futur… qu'au cœur de l'hiver,
alors que rien d'autre ne pouvait survivre que l'espoir et la vertu… que la ville et le pays, alertés par un danger commun, se sont avancés pour y faire face." Je lance un appel à
l'Amérique. Confrontés à des dangers communs, pendant cet hiver d'épreuves, rappelons-nous ces paroles intemporelles.
Avec espoir et vertu, bravons une fois de plus les courants glacials et endurons les tempêtes à venir. Que les enfants de nos enfants proclament que, lorsque nous avons été mis à l'épreuve, nous
avons refusé de mettre fin à ce voyage, nous ne nous sommes pas détournés et nous n'avons pas faibli. Et que, les yeux fixés sur l'horizon, et avec la grâce que Dieu nous accorde, nous avons
transmis ce don merveilleux qu'est la liberté pour le remettre intact aux générations futures.
Merci. Que Dieu vous bénisse et bénisse les Etats-Unis d'Amérique.
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