Billet publié initialement le 9 avril
2009
Je mets ci-dessous en ligne un texte que j'ai écrit en mai 2006 (encore en ligne sur mon
ancien blog Planète Bleue) et qui donne des éléments de réponse à cette question. La domestication de la technique sauvage (Hans Jonas, photo ci-contre) est
humanisante. Domestiquer/humaniser la technique sauvage, c'est à dire passer à des éco-technologies préservant notre capital naturel et permettant d'effectuer des flux de matière
s'inscrivant dans les cycles naturels, c'est exactement ce que nous devons faire pour nous diriger vers un développement vraiment durable.
Patrick Viveret, co-initiateur des Dialogues en Humanité, philosophe et directeur du Centre international Pierre Mendes France:
"Il est urgent de développer notre désir d’humanité. Notre action ne peut pas s’appuyer seulement sur une « heuristique de la peur » (H. Jonas). La lucidité sur la
gravité des risques est en effet nécessaire, mais la peur finit par générer impuissance et angoisse. Pour faire face aux risques, nous devons miser à la fois sur « le principe espérance » et sur
le « principe de responsabilité ». Nous sommes ainsi mis au défi de développer de l’imaginaire positif, du désir d’humanité. Nous sommes devant la nécessité d’un saut qualitatif qui fasse passer
l’humanité à un niveau de conscience supérieure ; pas seulement une conscience rationnelle supérieure, mais l’intelligence du cœur. Nous ne sommes plus dans l’ordre de l’hominisation, mais dans
celui de l’humanisation ( )."
La réflexion de Patrick Viveret est d'une très grande profondeur, elle va plus loin que celle d'Hans Jonas; ce dernier avait d'ailleurs conscience des limites de sa réflexion, il savait que
son travail était inachevé et que sa refléxion était incohérente au regard du concept de liberté, la liberté étant la condition sine qua non de la responsabilité. Il nous faut à mon
sens méditer cette réflexion de Patrick Viveret et également prendre conscience que les solutions pour construire un monde véritablement durable, sans renoncer ni au progrès, ni à
l'innovation, sont disponibles ici et maintenant.
Beaucoup de personnes en France sont engluées dans les visions des théoriciens de la décroissance (théorie du déclin inévitable) et peu d'entres elles ont aujourd'hui pris
conscience d'une part que cette théorie du déclin inévitable est complètement infondée d'un point de vue scientifique et technique, et d'autre part que les personnes qui adoptent cette
théorie ne croient plus en l'homme.
Une croissance infinie de l'innovation dans un monde fini est possible à partir du
moment où l'on met en place une économie circulaire, des flux de matières qui s'inscrivent dans ceux des grands cycles naturels, et où l'on dispose d'une source d'énergie infinie à
l'échelle humaine: c'est le cas avec l'énergie solaire. Les organismes vivants, cela fait plus de 3 milliards d'années qu'ils sont en croissance par l'innovation ! L'homme, et ses
prolongements exosomatiques (les outils technologiques) font partie de la nature.
Avant-hier, au Moyen-âge, nous utilisions le cheval, hier la voiture à pétrole, aujourd'hui, nous pasons à l'électro-mobilité 2.0. L'élimination de
la voiture à cheval s'est accompagnée de la croissance de la voiture à pétrole. L'élimination de la voiture à pétrole va s'accompagner de la croissance des véhicules électriques 2.O
(Segway, voiture électrique etc.) et des énergies renouvelables. Et d'autres innovations sources d'activité scientifique, technologique et économique et sources de prospérité se
produiront dans le futur.
Avant hier, nous communiquions à distance avec des signaux de fumée. Hier, nous communiquions à distance avec des messagers à cheval. Aujourd'hui nous communiquons à distance avec le
téléphone et Internet.
Avant-hier, les connaissances du peuple étaient très réduites et les érudits étaient très rares, le peuple subsistait pour s'alimenter et se loger. Hier, les connaissances des
peuples des pays en voie de développement était encore réduites. Aujourd'hui, les connaissances (nécessaires à l'innovation) se démocratisent, y compris dans les pays en voie de développement, et
notamment grâce à l'outil Internet. Idem pour l'accès aux soins (santé).
Avant-hier, la femme n'existait pas devant son mari. Hier, les droits de la femme n'étaient encore que théoriques. Aujourd'hui cette situation s'est améliorée, même si la situation
est encore précaire dans certains pays qui ne sont pas encore sortis du moyen-âge.
La progression
de l'humanité est vraiment d'une grande beauté. On arrêtera pas le progrès. Et on arrêtera pas la marche vers un développement vraiment durable.
Georgescu Roegen (photo ci-contre):
"L'humanité ne retrournera pas dans les cavernes".
- Olivier
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Mai 2006 - Homo climaticus - Plaidoyer pour une pensée reliante
La science est-elle une religion ?
Pourquoi doit-on protèger l'homme ?
Pourquoi doit-on préserver l'environnement ?
Pourquoi doit-on lutter contre le réchauffement climatique ?
(o) Pré-ambule (mise en dynamique - 'ambulatoire' - de la problématique )
« Le scientisme est une conception philosophique qui se refuse à admettre comme valables des formes de connaissance différentes de celles qui sont le propre des sciences positives, renvoyant au
domaine de la pure imagination la connaissance religieuse et théologique, aussi bien que le savoir éthique et esthétique.» -
http://fr.wikipedia.org/wiki/Scientisme
(Jules de Gaultier) : 'Plus ou moins avoué, le scientisme implique les
postulats suivants : que le monde est un tout donné, que le jeu phénoménal est compris dans un circuit fermé, que tout est donc calculable, que l'esprit scientifique ne doit pas désespérer de
capter dans ses formules l'énigme apparente de l'univers, qu'il n'y a pas d'inconnaissable. Subsidiairement ces postulats impliquent d'autres croyances : la croyance au mieux, à l'homme plus
heureux par la possession plus complète des lois de la nature, la croyance à la substitution possible des méthodes scientifiques aux religions et aux morales, soit la croyance à la solution
rationnelle du problème moral. Ainsi la croyance scientiste répète la somme des pétitions qui composent le programme de l'espérance humaine sous ses formes messianiques et morales. (...)"
- http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Scientisme
Le commentaire qui suit ne demande qu'a être re-construit : le chemin se construit en marchant (Antonio Machado)- Marchons ! – Je ne suis pas philosophe, mais un citoyen en (libre)
recherche ; pardonnez-moi les erreurs et incohérences possibles ; mieux, aidez-moi à les détecter)
(1) Science
La science n'est pas une croyance en elle-même. La science c'est, pour moi, une recherche, qui dépend complètement de celui qui cherche. Il existe, pour moi, sans doute autant de
sciences que d'hommes et de femmes sur terre (d'hier et d'aujourd'hui). Cette recherche réflexive répond au besoin fondamental de l’homme nu épiméthéen (besoin lié à un impératif de survie,
d’adaptation), de comprendre (cum-predere) son environnement ainsi que les individus de son espèce, de les rendre intelligibles (inter-ligare). Et Prométhée lui
a donné le feu potentiellement déconnecteur de la nature, mais c’est une autre histoire…. Le résultat de cette recherche est la connaissance individuelle, connaissance individuelle qui peut se
nourrir de celle des autres (sur la base de la confiance) d’où la naissance d’une boucle amplificatrice. Cependant, le résultat collectif des recherches des humains d’hier et d’aujourd’hui est
impossible à embrasser par un seul homme. Et il est très fortement probable (c’est en tout cas ma croyance) que ce corpus soit infiniment petit face à (ou mieux au sein de) l’univers
(fondamentalement mystérieux) et l’éternité. De ce corpus de connaissances de l’humanité peut, selon certains auteurs, émerger la noosphère, la con(avec)-science collective de
l’humanité.
(2) Le scientisme : une croyance, pas une re-ligion
Si la science n’est pas une croyance en elle-même, la façon de penser la science des scientistes (le scientisme) a en revanche tous les attributs d'une croyance,
même si ceux-ci prétendent le contraire, ou pire, ne veulent pas l’admettre, et c’est ce refus qui pose problème (sans parler de l’aspect hypocrisie). Comme l'indique le philosophe Jules de
Gaultier (Revue philosophie de la France et de l'étranger, 1911), la contradiction
inhérente au scientisme survient lorsque l’on comprend que les scientistes pensent (croient) que tout est co-naissable, qu’il n’y a donc que de l’in-connu hormis
ce que l'on connait (sans pouvoir le vérifier par l'expérience), ou plutôt hormis ce que l'on croit connaître. Or il y a probablement une part d’in-co-naissable (c’est à mon sens
souhaitable car sans mystère, la vie serait vraiment d'un ennui mortel) et non que de l’inconnu (penser qu’il n’y a une part d’inconnaissable et non que de l’inconnu hormis ce
que l'on connait est une croyance, mais une croyance cohérente avec ses principes...). Penser (croire) que l’on puisse tout connaître (qu’il n’y a que de l’inconnu hormis ce que l'on connait, pas
d’inconnaissable, que la raison elle-même est entièrement connaissable) sans pouvoir le démontrer conduit à l’éclatement, d’un point de vue épistémologique, du scientisme. Pour pouvoir démontrer
que tout est connaissable, il faudrait en premier lieu tout connaître. Si l’on ne connaît pas tout, il est impossible de montrer que tout est connaisable…C’est le serpent qui se mord la queue (ou
Hercule qui coupe une tentacule de l’Hydre, tentacule d’où re-naît un autre hydre…).
Mon point de vue personnel est que le mot religion est trop riche pour que la croyance scientiste puisse être qualifiée de religieuse. Le vocable « re-ligion » (re-ligion,
re-ligare, re-lier) correspond, pour moi, c’est la définition que je retiens mais il en existe d’autre, à l’art de re-lier ; « re-liance » de l’homme avec les autres hommes, avec
l’univers, et avec lui-même, chaque composante étant considérée comme sacrée car indispensable au tout, et le tout indispensable aux parties (union sacrée).
La croyance scientiste, basée sur le rejet de la connaissance religieuse et théologique ainsi que du savoir éthique et esthétique, est donc, de fait, aveugle, et pire, parfois borgne mais se
faisant passer pour aveugle; Elle est à mon sens dangereuse car elle peut conduire aux pire dérives et finalement à la dissociation, la déconnexion de l’homme avec ses semblables, de l’homme avec
la terre (Homo/humus), de l’homme avec l’univers. Elle peut donc, en ce sens, être perçue comme fondamentalement anti-re-ligieuse puisque elle dissociatrice,
non-reliante.
Ce qui nous manque, bien trop souvent, c’est précisément d’adopter une pensée reliante, contextualisée, globalisée. « Quelle étrange religion que celle [la science] qui cesse d'en être une
dès qu'on la pratique ! » (un internaute anonyme, avril 2006) - Par excès de spécialisation disciplinaire, on peut arriver à une intelligence aveugle, déconnectée du global et non re-liante
(E.Morin). Et en se sens, on cesse d’avoir un mode de pensée re-ligieux (pensée reliante), sans pour autant forcément sortir du champs de la croyance.
D’autre part, et c’est encore plus préoccupant, croire que le monde est entièrement connaissable (postulat du scientisme) conduit directement à une croyance aveugle en la capacité de la
science de répondre aux questions fondamentales de l’humanité, y compris aux questions morales. Cette dérive du scientisme conduit à sa perversion de la science qui n’est qu’une
recherche ; recherche qui répond au besoin fondamental de l’homme de comprendre son environnement naturel et humain. C’est l’homme qui cherche qui donne un sens (ou pas) à cette recherche, pas la
recherche elle-même. C’est sa façon de chercher qui peut prendre les attributs d’une croyance.
Mais plus fondamentalement nous vivons en permanence dans l’incertitude. Rien n’est sûr ou plutôt on n’a pas montré que tout est connaissable, car c’est impossible. Nous ne sommes même pas sûr
que le monde existe en réalité : notre monde tel que nous percevons n’existe que par nous (disparaît-il lors de notre mort ? Les avis des humains sont partagés !). Nous n’avons sans doute pas
d’autre choix que de croire, et je pense que le mystère est notre plus fondamentale source de liberté. Le mystère permet de nous mettre en marche librement vers la connaissance.
(3) L’impérialisme de la disjontion
Le scientisme est une conception qui correspond parfaitement aux mode de pensée disjonctif : disjonction des connaissances des humanités et des connaissances de la
"nouvelle science". C’était une disjonction utile à l’époque de Galilée, dans un contexte où les scientifiques étaient menacés par l'église (disjonction protectrice, importance du
contexte). Elle a été sacralisée par Descartes. Elle est encouragée par l’athéisme (l'athéisme est d'ailleurs une croyance, très peu répandue dans le monde, qui naît par réflexion dans le
miroir divin, par rejet de la croyance d'une l’intervention d’une force organisatrice de nature divine) et cadre bien avec l'ostensible laïcisme à la française qui s'est révèlé avec l'affaire du
voile, dérive largement dénoncée dans le monde entier (Voir l'intervention de François Bayrou à l'Assemblée
nationale le 3 février 2004). On ne s’étonnera donc pas de la forte proportion de disjoncteurs en France au sein de la communauté scientifique.
" Nous savons que le mode de pensée ou de connaissance parcellaire, compartimenté, monodisciplinaire, quantificateur nous conduit à une intelligence aveugle, dans la
mesure même où l'aptitude humaine normale à relier les connaissances s'y trouve sacrifiée au profit de l'aptitude non moins normale à séparer. Car connaître, c'est, dans une boucle ininterrompue,
séparer pour analyser, et relier pour synthétiser ou complexifier. La prévalence disciplinaire, séparatrice, nous fait perdre l'aptitude à relier, l'aptitude à contextualiser, c'est-à-dire à
situer une information ou un savoir dans son contexte naturel. Nous perdons l'aptitude à globaliser, c'est-à-dire à introduire les connaissances dans un ensemble plus ou moins organisé. Or les
conditions de toute connaissance pertinente sont justement la contextualisation, la globalisation. (...)" (Edgar Morin, Réforme de pensée et
transdisciplinarité )
Cette approche disjonctive, qui exclue d’office la culture humaniste est stérilisante, et, par définition, deshumanisante.
(4) Homo climaticus : les conditions de son émergence
J’observe qu'encore trop nombreux sont les scientifiques (dans un élan désespéré d’ «objectivité») qui des-humanisent la problématique du réchauffement climatique : au lieu de centrer l’approche
sur l’homme, elle est alors centrée sur les propriétés de l’atmosphère ou sur des problèmes statistiques ; comme si c’était l’atmosphère l’origine du problème. On assiste alors à une fuite
face à cette réalité que certains scientifiques ne veulent pas voir, ou pire qu'ils voient mais qu’ils taisent pour paraître « objectifs » : deshumanisation du chercheur lui-même, l’ultime stade
(parfait ?) étant alors l’inhumanitude ; et déshumanisation de l’objet de la recherche : le réchauffement climatique génèré par l’homme. La science devient alors une affaire
abstraite, déconnectée. S’ajoute à cela un obstacle purement psychologique qui empêche de croire ce que l’on sait quand la réalité est alarmante (Jean Pierre
Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé ). La difficulté de croire que nous allons épuiser
les énergies
fossiles (charbon, pétrole, gaz fossile : 85% de l'énergie mondiale) et que nous devons
donc opter dès à présent pour le développement massif des énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie, biomasse) et l'efficacité énergétique a pour origine un obstacle de même
nature.
Mais on assiste aujourd’hui à un « réveil (re-éveil)» de la communauté des chercheurs face aux menaces qui pèsent sur l’humanité. Le fer de lance de cette renaissance est à mon
avis vraiment James Hansen, Directeur du Goddard Institute for Space Studies, à New York (NASA), qui dénonce haut et fort
la censure irresponsable des scientifiques par
l'adminitration Bush. Je salue également l'engagement des scientifiques Hubert Reeves (Nul ne peut rester ignorant, nul ne peut rester indifférent) et David Suzuki (Assez de science, l'heure est à l'action !). L’humain re-nait, enfin ! Les chercheurs se remontrent humains et la problématique du réchauffement est
posée, sans complexes, avec l’homme en son centre. Ce n’est pas parce que la majorité des politiques d’aujourd’hui font mal leur job dans le domaine énergie-climat que les scientifiques doivent
se considérer hors de la société et non-humains ! Cet objectif est d’ailleurs impossible à atteindre car un climatologue est dans la société et la société est en lui ( « Non seulement l'individu est dans une société mais la société est à l'intérieur de lui puisque dès sa naissance, elle lui a inculqué le langage, la culture, ses
prohibitions, ses normes » – Principe hologrammatique, Edgar
Morin)
Comme le dit Jean Pierre Dupuy, Pour changer le climat, il faut changer le climat de l’opinion. Je pense qu'il nous faut nous diriger vers une nouvelle sagesse, devenir
pleinement humain, non dans sa seule dimension technicienne (animal technicien de Platon, Homo faber), non seulement dans sa dimension politique (animal politique, art
du vivre ensemble, Homo sapiens) mais dans sa dimension technicienne, politique et éco-responsable (Homo climaticus). A mon avis, penser dans l’intérêt collectif avant notre intérêt individuel
(sans négliger pour autant ce dernier : il s'agit d'aimer les autres pour pouvoir s'aimer soi-même et réciproquement) c’est vraiment cela devenir véritablement humain. Et le
moteur fondamental de l’"humanisation", du "devenir humain", c'est la réflexion-sensible, (réflexion et sensibilité),
sensibilité sacralisante-humanisante. Sans renaissance de cette sensibilité l’émergence de l’éco-responsabilité est impossible. Et cette éco-conscience est une condition sine qua non à
la possiblité d'établissement d'un contrat d'harmonie entre les hommes et la terre (voir Le contrat naturel, Michel Serre), entre les hommes et Dêmêter - Nous avons donc, plus que
jamais, besoin des philosophes, des sociologues, des musiciens et des poètes. Pourquoi ? Car leur pouvoir re-liant est très élevé ! Ils ont d’ailleurs compris, pour beaucoup d’entre-eux (par
exemple aux USA Robert Redford, Kevin Costner, Sting, Leonardo diCaprio, Cameron Diaz, Matt Damon, Julia Roberts, etc. - http://www.stopglobalwarming.org ) le pouvoir qu’ils ont pour changer le climat de l’opinion, pour franchir le tipping point de
l'opinion publique (Collin Challen - We must think the unthinkable ),
pour opèrer cette révolution copernicienne des esprits qu'appelle Paul Verges de
ses voeux. Philosophes, sociologues, musiciens et poètes engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique irritent d’ailleurs souvent les scientistes ; cette irritation est un bon
critère, à mon sens, pour détecter la « scientisticité ».
(5) Nous avons le devoir de préserver l'homme
"(…) We are Earth scientists. We are not part of a vast conspiracy to perpetrate a hoax, nor are we crowd-following herd animals. We are concerned about the
world we are leaving to our children (…). As scientists we have a duty to speak out when our findings strongly suggest that a dangerous and
harmful development is underway - just like someone who sees smoke billowing out of a house has a duty to call the fire brigade.(…)" – RealClimate
[ "Nous sommes des chercheurs en sciences de la terre, nous ne faisons pas partie d’une vaste conspiration qui cherche à fomenter un canular. Nous ne sommes pas plus
les moutons d’un troupeau. Nous sommes concernés par le monde tel que nous allons le laisser à nos enfants (…) – En tant que scientifiques, nous avons le devoir de parler franchement quand nos recherches indiquent fortement qu’un dangereux et nuisible processus est en cours. Ceci comme quelqu’un qui voit de la
fumée sortir d’une maison a le devoir d’appeler les pompiers" - RealClimate ]
RealClimate est un site d’excellente
vulgarisation sur la thèmatique climat et plus qu’utile aujourd’hui car Un homme non informé est un sujet, un homme informé est un citoyen (Alfred
Sauvy). Il s’agit d’un devoir (duty) car on a le devoir de chercher à préserver l’homme. C’est précisément ce devoir qui fonde le concept de
développement durable . A moins que certains doutent encore qu’il faille préserver l’homme ? Le développement durable est un développement qui répond
aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs (Rapport Brundtland, Notre avenir à tous). Ce concept de
développement durable est directement inspiré du principe responsabilité du philosophe Hans
Jonas (Das Prinzip Verantwortung. Versuch einer Ethik für die technologische Zivilisation, 1984 - Voir une
présentation de sa réflexion sur l'encyclopédie de l'Agora) : "Agis de telle sorte que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentique sur terre. Agis de telle sorte que les effets de ton
action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d'une telle vie" - Il est traduit de la manière suivante dans la Constitution française (Charte de
l'environnement) :
Art. 1er. - Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré
et respectueux de la santé.
Art. 2. - Toute personne a le devoir de
prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement. (...)
(6) Ouverture
Voici une réflexion sensible d’Albert Einstein d’une richesse inondante :
"La plus belle émotion que nous puissions éprouver est de nature mystique. C'est la puissance de tout art et de toute science véritable. Celui qui ne connaît pas cette
émotion pourrait tout aussi bien être mort.
Savoir que ce qui nous est impénétrable existe vraiment, se manifeste par la sagesse la plus élevée et par la beauté la plus radieuse, que nos facultés restreintes ne peuvent appréhender que sous
leurs formes les plus primitives, ce savoir, ce sentiment se trouve au cœur de la vraie religiosité. En ce sens, et en ce sens seulement, je compte au nombre des hommes profondément
religieux.
(...) La science sans religion est boiteuse, la religion sans science est aveugle.»
Albert Einstein. Comment je vois le monde.
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Voir aussi:
On ne résoudra pas la crise écologique uniquement par la technologie. Mais on ne résoudra pas cette crise sans les
éco-technologies domestiquées/humanisées.
http://www.electron-economy.org/article-29988319.html
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