Lundi 8 juin 2009
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"(...) L’écofascisme trouve ses racines dans "l’Allemagne" du XIXè siècle. Dans la première moitié du siècle, deux intellectuels se distinguent par leur approche de
la nature : le premier s’appelle Ernst Moritz Arndt et développe une théorie combinant l’amour de la terre et un nationalisme xénophobe ; le
second est Wilhelm Heinrich Riehl. Ce-dernier construit sur l’héritage de Arndt en mettant un accent particulier sur le romantisme agraire et la haine des
villes.
Les théories d’Arndt et Riehl trouvent un écho favorable dans la deuxième moitié du XIXè grâce au développement du mouvement völkisch [Volk = peuple en
langue allemande], que l’auteur définit comme un « populisme ethnocentrique avec un mysticisme de la nature ». Concrètement,
le mouvement prône un retour à la terre et à la vie simple et s’attaque au rationalisme, au cosmopolitisme et la civilisation
urbaine (donc aux Juifs, censés incarner l’ensemble).
Au même moment, un zoologiste allemand répondant au nom de Ernst Haeckel marque de façon indélébile l’histoire de l’écologie puisque c’est lui qui en invente le mot. Cet individu éminemment
réactionnaire devient vite une référence pour les partisans du darwinisme social, du racisme, de l’antisémitisme et de l’impérialisme allemand. L’écologisme de Haeckel est profondément
anti-humaniste. Il considère l’homme comme une créature insignifiante soumise aux lois de la nature (la loi du plus fort notamment), lesquels
doivent également déterminer l’ordre social. Les disciples de Haeckel approfondiront ses théories en insistant sur la nécessité de lutter
contre le déclin de la race en préservant sa pureté (...)
Suite ici :
http://www.larevolutionencharentaises.com/spip.php?article176
Photo ci-dessus :
Ernst Haeckel (1834-1919), biologiste allemand, le père du mot "écologie".
Photo ci-dessous :
A gauche : Ernst Moritz Arndt (1769-1860), écrivain et poète allemand
A droite : Wilhelm Heinrich Riehl (1823 - 1897), journaliste et écrivain allemand - " (...) Il reprend l'idéal de la
nature mis en avant par la vague romantique allemande en l'associant à une vision apocalyptique à travers laquelle le
Juif tiendrait le rôle principal. Riehl dénonce en premier lieu les désordres économiques et sociaux de 1848 et il affirme que l'industrialisation détruit la
nature (...) Suite à ces travaux, une littérature populaire du terroir commence à se développer en Allemagne et rencontre un grand succès. Elle dresse le portrait stéréotypé du
Juif de la ville venant dépouiller le héros paysan honnête et courageux (...) L'ouvrage de Wilhelm von Polenz (Der
Büttnerbauer, 1895) va beaucoup influencer la conception antisémite d'Hitler. C'est l'histoire
d'un paysan allemand qui s'endette auprès d'un prêteur juif. Rapidement sa terre est hypothéquée et vendue par son créancier à un industriel qui y fait construire une usine. À la fin de
l'histoire, le paysan est totalement « déraciné » et se pend de chagrin. Dans la littérature populaire et antisémite du XIXe siècle, le paysan est souvent
symbolisé par un arbre bien enraciné dans la terre alors que le Juif est caricaturé comme le serpent qui ronge les racines de l'arbre
(...) Les arts plastiques servent de vecteur pour la propagande aryenne et antisémite allemande. Karl Höppner (dit Fidus, 1868-1948) donne forme aux éléments spirituels völkisch :
il reprend, entre autres, le thème des rayons du soleil. Son tableau le plus célèbre, Invocation à la Lumière (1922) [illustration ci-contre], représente un homme nu sur une falaise, en équilibre, chauffé par les rayons du soleil. Cette conception physique et raciale du corps rentre
dans la conception de la beauté du Mouvement de la jeunesse allemand (imagerie aryenne) (...) Fidus célèbre le corps et la vie naturelle
(Freikörperkultur) et devient une référence iconographique au sein du mouvement Lebensreform (Réforme de la vie)
prônant un mode de vie alternatif en réaction à l'industrialisation (...)
Il fait la connaissance de Karl Wilhelm Diefenbach (1851-1913), peintre qui allait beaucoup l'influencer. Diefenbach, adorateur du soleil, chantre du retour à la nature, vit alors en communauté
dans une ancienne carrière désaffectée au Sud de Munich. Il donna pour nom Fidus à son nouveau disciple qui choisit d'abandonner ses études pour suivre l'exemple de son maître spirituel. Il se
laisse alors pousser les cheveux, devient végétarien et ne peint plus que nu ou en vêtements de laine (...) Pour Diefenbach le naturisme est
avant tout une expérience religieuse, et s'il est d'accord avec les tendances ouvertement darwiniennes du mouvement, il prêche une philosophie
d'auto-réalisation mystique et de respect panthéiste de la nature (...) "
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