Lundi 13 juillet 2009
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18:02
Dossier
DESERTEC, voir ici:
http://www.electron-economy.org/article-35143217.html
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Construire des centrales solaires en Afrique pour alimenter en électricité les africains et coopérer pour aider l'Afrique à
devenir autonome sur le plan énergétique ? Oui bien sûr ! *. Si "DESERTEC Industrial Initiative" signifie cela, bravo.
Mais si DESERTEC signifie pomper l'électricité africaine vers l'Europe alors que 594 millions d'africains n'ont pas accès à l'électricité, ce projet n'est à mon avis pas
acceptable sur le plan éthique. Les européens ont manqué de respect envers les africains dans le passé. Ne recommençons pas déguisés avec un chapeau vert.
Franz Alt souligne à juste titre que DESERTEC n'est pas une initiative africaine mais une initiative européenne européo-centrée (voir germano-centrée). L'Union africaine
ne veut pas de ce projet dans cette forme (elle souhaite que soit pris en compte toute l'Afrique, pas seulement les pays d'Afrique du nord) et elle n'a d'ailleurs même pas été invitée à
participer à la réunion de Munich du 13 juillet 2009 portant sur ce projet solaire en Afrique !
Je passe aujourd'hui à l'antenne de la radio nationale belge RTBF (c'est la deuxième fois que je suis invité par cette radio :) ) au sujet
de DESERTEC. Odile Leherte, journaliste à la RTBF, m'a dit être intéressée par les nuances que je portais au projet et m'avoir contacté précisément par rapport à cet avis
nuancé. Elle m'a également indiqué qu'elle a contacté aussi deux responsables de DESERTEC mais que leurs réponses ne l'ont pas satisfaite et qu'elle ne diffusera donc que
mon interview.
Ecouter l'interview en ligne : cliquer sur "Interview d'O.D., (O. Leherte)", en haut à droite de l'article) :
http://www.rtbf.be/info/monde/economie/lancement-dun-gigantesque-projet-solaire-en-afrique-pour-alimenter-leurope
- Olivier
* Ceci dit pas que du solaire, mais plutôt un
mix d'énergies renouvelables (éolien-hydro-solaire etc.) - intègrant les coûts de production.
Photo : Franz Alt, en compagnie du Dalaï Lama. Frantz Alt est un auteur et journaliste allemand. Il a reçu le Prix solaire
allemand de 1994, le Prix solaire européen de 1997, le Prix de la protection de l'environnement en ligne, le Prix des droits de l'homme en 2003, le Prix de l'environnement et de
l'économie allemand en 2004.
„Wieso Afrika?“
Der Publizist
Franz Alt kritisiert das Desertec-Projekt scharf -
Lire : DomRadio.de (en allemand)
Traduction en français ici
Extrait : "Ce qui me frappe dans le projet DESERTEC, c'est que 13 de ses 14 responsables sont européens, et un seul africain. C'est assez
révèlateur (...) Oui à des centrales solaires en Afrique du nord qui alimentent Tunis, Le Caire et Alexandrie. Mais l'Europe a largement assez d'énergies renouvelables à
exploiter sur son sol (...) "
A noter que le responsable "africain" dont fait écho Franz Alt est le responsable d'une entreprise allemande installée en Egypte mais basée à Hamburg.
DomRadio est basée juste à coté de la Cathédrale de Cologne et place "l'homme au centre de ses préoccupations". DomRadio diffuse le samedi soir la messe oecuménique de la communauté de Taizé.
Ecouter Frantz Alt :
http://www.domradio.de/includes/audioplayer_popup.asp?beitrag=20131
LeTemps.ch : " (...) Pour l’instant, le projet est encore aux mains de l’industrie et de la finance allemandes qui ne semblent pas avoir pris encore en compte les
intérêts des pays concernés. Lundi, il n’y avait qu’une porte-parole de la Ligue arabe et une représentante du ministère égyptien de l’énergie à la présentation du projet. Elles se sont
contentées de quelques remerciements. Les initiateurs ont d’ailleurs été critiqués pour avoir ignoré leurs homologues africains et du Moyen-Orient. En effet, le projet est censé alimenter d’abord
les pays producteurs en électricité, avant l’Europe occidentale (..)". - LeTemps.ch
Agence France Presse : " (...) Pour le député social-démocrate allemand Hermann Scheer, pas besoin d'aller en Afrique pour fournir de l'énergie propre à l'Europe.
"Nous pourrions investir les 400 milliards d'euros ici", explique-t-il à l'AFP, défendant l'idée d'un réseau décentralisés d'opérateurs dans les énergies vertes, plutôt que de le laisser aux
mains d'un monopole de grandes entreprises. D'autres doutent des chances de développement pour les pays
producteurs et pensent que l'intérêt défendu est avant celui de l'Europe. Ce que le quotidien Handelsblatt résume en un mot: "éco-colonialisme" (...)" - AFP
Laure Noualhat : " (...) Ce projet, si beau sur le papier, pose différentes séries de questions. La première: que savons-nous de ce
que pensent les populations nomades habitant le désert depuis des siècles et des siècles ? Leur demandera-t-on leur avis ? A combien négociera-t-on leur changement radical d’environnement ? La
seconde: qui va aller installer les paraboles et mettre en réseau toutes ces technologies du Nord ? Ca sent le relent colonialiste avec transfert de technologie inégal à la clef. Troisième et
dernière série d’interrogations: si les grandes compagnies cachées derrière ce beau projet sont celles auxquelles nous pensons, alors voici l’avènement d’un énième système énergétique centralisé
propice aux pays riches. Qui ne résoudra en rien la question de l’indépendance énergétique européenne (...)" - Libération.fr
Radio-France-International - " (...) De nombreuses questions ne sont pas résolues - Quid des lieux d'implantation de ces
installations, de leur date de mise en service, du coût du courant produit, du bénéfice qu'en tireront les pays africains et arabes etc ? « Quid des subventions publiques nécessaires à un tel
projet, qui, en cas d’échec, engloutirait l’argent des contribuables ? Et les coûts de transport, grâce à des liges à haute tension au fond de la Méditerranée permettront-ils d’offrir aux
consommateurs de l’électricité à un prix abordable ? », souligne le correspondant Pascal Thibault, à Berlin. De nombreuses questions ne sont pas résolues, auxquelles il faut ajouter le manque de stabilité politique dans certaines régions productrices. Les promoteurs de
Desertec ont argué que c'est désormais au bureau d'études d'y répondre mais ils ont défendu la viabilité du projet, qui fait l'objet depuis plusieurs semaines d'un énorme battage
médiatique. (...)" - RFI
"Le groupe énergétique Vattenfall considère que l’investissement représente
« une somme énorme » pour seulement 15 % de l’électricité consommée en Europe. Son dirigeant Lars Josefson « ne pense pas que cela soit
réaliste ». Nous serions assez
satisfaits de l’étude géopolitique du projet. Les régions traversées recèlent à la fois des ressources dans leur sous-sol qui intéressent moult opérateurs économiques, et des populations
“ légèrement ” exclues de la montée des richesses sur la planète. On n’oubliera pas le développement de l’agriculture sur place. Quand on sait que toute perturbation économique génère
des relations humaines conflictuelles… Et même si les régions concernées « au sud » ont des régimes politiques stables, oublie-t-on déjà les manœuvres de Moscou (et ce pourraient être
d’autres États) sur les gazoducs et le chauffage en Ukraine ou ailleurs ? (...)" - FranceBTP
"D'un point de vue économique, d'abord. Qui financera ce projet? Et comment? L'énergie produite par cette centrale solaire sera-t-elle
moins coûteuse que celle produite, en France, par les centrales nucléaires? D'autre part, est-il éthique et nécessaire d'exporter de l'énergie, encore une fois, des pays en voie de développement
vers l'Europe? Ne faudrait-il pas, à la place, encourager les échanges régionaux? Enfin, d'un point de vue géopolitique : est-il vraiment raisonnable d'implanter des centrales dans des pays aux
régimes politiques instables? N'y aurait-il pas des risques à reproduire le même schéma de dépendance qu'avec le pétrole? (...)" -
L'Expansion
(...) Afrik.com : Que pensez vous, en tant qu’ingénieur et en tant que Africain, du projet Desertec selon lequel 15 entreprises allemandes veulent produire l‘énergie solaire au Sahara afin de transmettre de l’électricité vers l’Allemagne. Le coût de l’opération est chiffré
à 400 milliards d’euros.
Guy Tchuilieu Tchouanga : Personnellement, je ne suis pas pour ce type d’initiative. Elle va se révéler désastreuse pour les pays africains car ils vont pomper toute l’eau de la
nappe souterraine, qui va s’évaporer, pour faire tourner les turbines. Cela va entraîner l’assèchement des nappes avec des conséquences irréversibles. C’est le gigantisme du projet qui me fait
avoir cette réflexion. Je suis sceptique quant à sa réalisation. Des pays vraiment indépendants comme l’Algérie n’accepteront jamais de prendre le risque d’assécher leur nappe souterraine. En
tant qu’Africain, cela devrait nous conforter dans le choix de la technologie solaire pour équiper nos ménages et nos industries. Je ne suis pas du tout choqué par les sommes d’argent avancées
pour réaliser le projet. Je suis sûr que les concepteurs du projet ont calculé les gains écologiques de cette installation en terme de santé publique et autres avantages positifs pour l’humanité.
Seulement, comme dans toutes choses, leur calcul est fait tenant compte de l’humanité dite occidentale. Pour l’Afrique, d’autres scénarios solaires sont envisageables. Mais ça, c’est aux
gouvernants africains responsables de le faire. Nous nous mettons à leur disposition pour le conseil et les réalisations (...)" - http://www.afrik.com/article17206.html
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