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Dimanche 9 août 2009 7 09 /08 /2009 23:28

Dernière édition : 13 juillet 2009 (édité suite à de riches commentaires que j'ai reçu. Merci en particulier à Yves, ainsi qu'aux spécialistes en transferts radiatifs du Laboratoire des Sciences du Climat et l'Environnement, CNRS, Gif-Sur-Yvette)

A synthesis of this article in english is available here :
http://www.electron-economy.org/article-35055205.html
And a response to Gerry Wolff is available here.

"J'ai toujours aimé le désert. On s'assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n'entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence."

Antoine de Saint-Exupéry

(Le petit prince)


L'amplification du réchauffement climatique au niveau de l'Arctique est aujourd'hui bien connue du grand public, notamment via le film Une vérité qui dérange d'Al Gore, et a été beaucoup médiatisée (voir par exemple cet article Une mécanique préoccupante de réchauffement dans l'Arctique
) : le réchauffement fait fondre la banquise, or la banquise (claire, albedo d'environ 0,60 en fonction de l'état de la glace, de l'angle d'incidence etc.) a un albedo plus élevé que celui de l'eau de mer (sombre, albedo de l'océan arctique = environ 0,15). Même si l'énergie solaire incidente dans la région arctique est faible, cette baisse de l'albedo d'environ 0.45 conduit à modifier le bilan radiatif et à amplifier le réchauffement (rétroaction positive).

L'impact radiatif de l'installation d'immenses centrales thermosolaires dans le Sahara a été moins médiatisée, pour ne pas dire pas du tout médiatisée. Pourtant une variation d'albedo  sur de grandes surfaces du Sarara aurait potentiellement un impact sur le bilan radiatif bien plus important que dans la région arctique étant donné que l'insolation directe y est très élevée.

Pensant a priori que l'effet était marginal, j
'avais souri en lisant il y a quelques mois les propos d'un climatologue français à ce sujet
. Mais en étudiant la question de plus près, l'effet est tout sauf négligeable.

Yves Fouquart : "Petit détail non négligeable: la réflectivité des surfaces désertiques (l'albédo) est élevée (...) Changer l'albédo de surfaces aussi grandes ne sera pas sans conséquences, par exemple sur la nébulosité (...) Le problème est que cette énergie sera absorbée et non pas réfléchie et que, comme le rendement n'est pas égal à un , loin de là, il y aura un apport d'énergie supplémentaire dans la région." (Source)

[
Yves Fouquart est physicien de l'atmosphère, spécialiste des transferts d’énergie par rayonnement dans l’atmosphère terrestre, il a dirigé le laboratoire d'optique atmosphérique de l'Université de Lille. Membre du comité scientifique du Programme Mondial de Recherche sur le Climat de 1986 à 1992, il a participé à la rédaction du rapport 1995 du Groupement Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (IPPC / GIEC). Il est notamment l'auteur du livre  Le climat de la Terre: fonctionnement de la machine climatique aux éditions Septentrion ]

Les centrales thermosolaires agissent comme des pièges à énergie solaire et comme de gigantesques radiateurs. Une centrale thermosolaire est un gigantesque four qui fonctionne en permanence, 24H sur 24 et 365 jours sur 365.

Les sables clairs (lègers et secs) du désert ont un albedo (= reflectance) relativement élevé (environ 0.25 à 0.45, retenons 0.35) : ils réfléchissent  35% de l'énergie solaire incidente vers l’espace. Si les sables sahariens étaient noirs, la température saharienne serait encore plus élevée.  "De nos jours, la température moyenne sur notre planète est de 15°C. Si la Terre était recouverte de forêts, la température serait de 24°C. Sur une Terre désertique, la température serait de 13°C. Si elle était entièrement recouverte par des océans, la température serait de 32°C, parce que les océans sont sombres, et ont un albédo faible, comme un objet noir. Notre planète, si elle était recouverte de glace, serait très froide (-52°C) !" Source : Espere

Type de surface Albédo (0 à 1)
Surface de lac 0,02 à 0,04
Forêt de conifères 0,05 à 0,15
Surface de la mer 0,05 à 0,15
Sol sombre 0,05 à 0,15
Cultures 0,15 à 0,25
Sable léger et sec 0,25 à 0,45
Glace environ 0,60
Neige tassée 0,40 à 0,70
Neige fraîche 0,75 à 0,90
Miroir parfait 1

Source : wikipédia.fr

Albedo du Sahara entre 0.47 et 0.49 pour les déserts de sable (les centrales thermosolaires sont construites au niveau des zones sableuses et relativement plates, pas au niveau des zones montagneuses basaltiques sombres) :

"Ground and airborne measurements of the albedo of the Sahara desert are summarized. Large sand surfaces show albedo values 40% in airborne measurements, for volcanic, mountainous regions it is 30%. Ground measurements give values between 47% and 49% for sand. Comparison of plant coverage, albedo, and surface type gives average Saharan albedo = 32%; considering only bare surfaces, the albedo is 36%. For the last glaciation period average albedo is estimated at 38%. For the more humid period 5500yr ago, it is 27%." - Source :
http://adsabs.harvard.edu/abs/1983smrb.rept...60T

" Les déserts et sols nus ont un albédo moyen entre 30 et 40 % "
- Source :
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosclim/motscles/savoirPlus/albedo.html



Photo : albedo moyenne annuelle à l'échelle du globe. Au niveau albedo, les déserts font partie des systèmes "refroidisseurs".


Global Albedo - Image en haute résolution ici : http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=2599
Source : Satellite Terra, Nasa

Les centrales thermosolaires possèdent des miroirs qui concentrent l’énergie solaire vers un tube collecteur (ou vers une tour collectrice), piègeant ainsi l'énergie solaire. Un fluide chauffe, ce qui permet de faire évaporer de l’eau et faire tourner une turbine et de génèrer de l'électricité. Il faut pour cela une source froide (eau douce, eau de mer ou air relativement "froid") pour que cela marche d’un point de vue thermodynamique (Carnot). Compte-tenu des pertes sur toute la chaîne (tubes collecteurs, canalisations de transfert, turbine, alternateur...), seule environ 15% * de l’énergie solaire incidente reçue par les miroirs est finalement convertie en énergie électrique…Le reste, soit 85%, est perdu sous forme de rayonnement infra-rouge et de flux de chaleur…et réchauffe l’atmosphère.

A noter que (même si cela ne change rien au bilan radiatif)) les miroirs reçoivent aussi des radiations provenant de toutes les directions de l'environnement (du sable avoisinant etc.), radiations qu'ils réfléchissent, et ils sont donc  visibles en vue aérienne.

Plus de 99% de l'énergie réfléchie par les miroirs paraboliques parvient au tube récepteur, les systèmes actuels étant de plus en plus précis. Une partie de l'énergie solaire incidente est absorbée par les miroirs, contribuant ainsi directement au réchauffement régional (les miroirs ont une réflectivité d'environ 97% - Source - ce qui signifie que 3% de l'énergie qui arrive aux miroirs est absorbée). En vieillissant, les miroirs perdent de leur réflexivité et aborbent plus d'énergie, contribuant encore plus au réchauffement régional.

Une partie de l'énergie absorbée par les récepteurs (tubes à vide) est également perdue dans l'environnement par rayonnement, contribuant ainsi au réchauffement régional. Seule une très faible partie de l'énergie arrivant à la surface des tubes récepteurs (moins de 1%) est réfléchie, les tubes sont recouverts d'une couche anti-réflexion. Une partie de l'énergie réfléchie par le récepteur est réfléchie à nouveau par le miroir et est de nouveau renvoyée vers le récepteur.

Les parties métalliques supportant le tube récepteur et les miroirs ont une albedo proche de celle du désert : elle n'ont pas d'impact significatif sur le bilan radiatif, ni négativement, ni positiviement.   Bref, les pertes par réflexion en direction de l'espace au niveau des miroirs et des tubes collecteurs sont très faibles (moins de 2% au total).

La nuit, le recours au stockage thermique amplifie les pertes par rayonnement : une partie de l'énergie s'échappe des cuves de stockage et d'autre part la baisse progressive de la température à l'intérieur des cuves s'accompagne d'une baisse de rendement au niveau de la turbine.

En se basant sur les données du
Lawrence Berkeley National Laboratory :
- White Roofs Cool the World, Directly Offset CO2 and Delay Global Warming -
http://www.energy.ca.gov/2008publications/CEC-999-2008-031/CEC-999-2008-031.PDF
- La publication correspondante dans la revue Climatic Change est disponible ici :
http://www.energy.ca.gov/2008publications/CEC-999-2008-020/CEC-999-2008-020.PDF)
,

Une augmentation d'environ +0.20 de l'albedo permet un forçage négatif équivalent (mais de signe opposé) à celui d'environ 5 tonnes de CO2 émises dans l’atmosphère. On peut donc estimer que
le remplacement d’un kilomètre-carré (= 1 million de m2) de désert par des miroirs de centrales thermosolaire (remplacement équivalent à un albedo qui passe de 0.35 à  0.15, soit une variation de - 0.20) conduit à un forçage radiatif positif équivalent à l’émission d'environ 50000 tonnes de CO2 dans l'atmosphère. 

A noter : 

a - qu'une variation d'albedo de 0.20 dans le désert a un impact plus important que dans une région où l'albedo est plus faible, car l'impact sur le bilan radiatif dépend non seulement de la variation d'albedo mais aussi de l'intensité de l'insolation directe (qui est de 2800 kWh/m2/an en moyenne dans le Sahara) de la région considérée. J'ai retenu ici une hypothèse basse. Avec une insolation directe de 2800 kWh/m2/an, on passe à 5,7 tonnes.

b - que j'ai retenu l'hypothèse de 0.35 pour l'albedo du Sahara, alors qu'elle est entre 0.40 et 0.49 pour les déserts de sable, zones favorables à l'installation des centrales thermosolaires. Si la variation d'albedo est de 0.30, et non de 0.20, la traduction en équivalent CO2 passe de 5 à 7,5 tonnes.

a+ b : L'impact radiatif des centrales thermosolaires du désert est en réalité bien plus élevée.


c - Il s'agit d'estimations grossières : la traduction en équivalent CO2, basée ici sur les données du LBNL, doit intèger notamment les spécificités de la composition atmosphérique saharienne, et également l'impact de la production de vapeur d'eau par les centrales thermosolaires, ainsi que les flux convectifs, de chaleur latente etc. De plus,  si la température locale augmente (suite à la diminution de l'albédo), le flux infrarouge va lui aussi augmenter. Tout ceci nécessite de faire appel à des modélisations informatiques.

Continuons cependant avec les hypothèses retenues  :
Une méga-centrale thermosolaire ayant une surface réceptrice carré de 10 km de coté installée dans le Sahara (= 100km2 ) conduit à un forçage radiatif équivalent à l'émission d'environ 5 millions de tonnes de CO2 dans l'atmosphère.


Une méga-centrale thermosolaire ayant une surface réceptrice  carré de 300 km de coté installée dans le Sahara (= 90000km2   =  environ 1% de la surface du Sahara qui est de 9 065 000 km2) conduit à un forçage radiatif équivalent à l'émission d'environ 4,5 milliards de tonnes de CO2 dans l'atmosphère, soit 45 fois les émissions annuelles de CO2 de la France (La France émet chaque année environ 105 millions de tonnes de CO2, tous secteurs confondus) ou encore  les 3/4 des émissions de CO2 annuelles des USA, le pays le plus émetteur de la planète (25% des émissions mondiales de CO2), pays rejoint par la Chine ces dernières années. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce n'est pas vraiment négligeable. Et aggraver le réchauffement dans les régions qui sont les plus affectées par le réchauffement (Afrique), je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée. 

Mon avis : c'est surtout au niveau régional que l'impact est préoccupant. La construction de centaines de centrales thermosolaires (= gigantesques radiateurs) en Afrique du nord a le potentiel pour modifier le climat régional, avec potentiellement des impacts sur le cycle de l'eau (nébulosité, précipitations, lacs, rivières etc.), la désertification, les activités agricoles, les forêts, la biodiversité, le tourisme etc. Bien entendu, la construction de quelques centrales thermosolaires pour alimenter une partie de l'électricité des villes d'Afrique du nord (Le Caire, Alexandrie, Alger, Tunis, Rabbat...) a un impact thermique. Mais un impact bien moindre que si des centaines de centrales thermosolaires sont construites pour alimenter en électricité l'Europe (Europe qui consomme beaucoup d'électricité).  Le rapport MED-CSP (sur lequel est basé l'initiative DESERTEC) mentionne de manière vraiment très discrète (un quart de ligne page 164) l'impact des centrales thermosoloaires sur l'albedo : "
Impact of large plants on regional albedo".

A noter que la centrale de 300km de coté permet de produire l'intégralité de l'électricité mondiale. Pour produire l'intégralité de l'énergie mondiale grâce au thermosolaire des déserts, il faudrait une centrale bien plus grande...(sans parler de l'impact CO2 lié à la production des centrales thermosolaires et des énormes cuves de sels fondus issus de la chimie lourde nécessaires au stockage thermique pour la production électrique sans soleil).

Moralité : on en apprend tous les jours et il est bon de remettre en cause ses dogmes à la lumière de nouvelles données...Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.
"Le serpent qui ne peut changer de peau, meurt. Il en va de même des esprits que l'on empêche de changer d'opinion : ils cessent d'être esprit." -  Friedrich Nietzsche

Photo : power-block et tours de refroidissement, centrale thermosolaire du désert du Mojave (sud-ouest des USA). Des chauffeuses de l'atmosphère...Construire des centrales thermosolaires a du sens d'un point de vue climatique...au niveau des déserts sombres qui ont une albedo inférieure à 0.15, ce qui est assez rare. Les centrales thermosolaires espagnoles, construites sur des terres plus sombres que dans le désert saharien, ont un impact thermique plus faible.



Michael Hogan (Directeur du Programme électricité à la Fondation européenne pour le climat: " (...) Potentially more important concern is the reduction in albedo effect from the capture of solar energy that would otherwise have been reflected, which at the scale we’re talking about might become significant.That can be alleviated by, for instance, siting a given acreage of reflecting mirrors to compensate for the concentrating mirrors (...)"
http://climateprogress.org/2009/04/29/csp-concentrating-solar-power-heller-water-use/

Michael Hogan souligne que la baisse de l'albedo liée à l'installation de centrales thermosolaires est un important problème et propose qu'une partie des miroirs réfléchissent l'énergie solaire vers les ciel pour compenser le réchauffement induit par les miroirs qui concentrent l'énergie solaire vers un collecteur. Utiliser ainsi une partie  des miroirs de la centrale (et réduire d'autant la production électrique de la centrale) conduirait à faire flamber le coût du kWh thermosolaire qui est déjà élevé. De plus, poussières et sable (en fonction de la région considérée) nécessitent un nettoyage régulier et une consommation en eau douce. Compte-tenu des surfaces très importantes en jeu et de la rareté de la ressources eau douce dans le désert, ce n'est pas forcément une bonne idée.  D'autre part diriger de grands miroirs vers le ciel est pose des problèmes de sécurité aérienne (aveuglement des pilotes). L'impact sur l'avifaune reste à déterminer. Bien sûr, une compensation albedo pourraît être proposée ailleurs dans le monde, par exemple en peignant en blanc les toits d'une ville. Mais cela serait totalement inefficace étant donné qu'il s'agit d'un problème de pollution thermique régionale.

Photo : Le miroir d' Archimède (à droite, en 250 avant JC) - " Afin de détruire la flotte romaine, Archimède aurait conçu et utilisé des miroirs concaves, les "miroirs ardents" pour déclencher des incendies par concentration des rayons solaires. Archimède aurait d'ailleurs écrit une "Optique" que l'on n'a pas retrouvée." (Thuillier, Pierre. - "Une énigme : Archimède et les miroirs ardents". - La Recherche, mai 1979, n° 100, p. 444-453. L'objet lui-même était effectivement connu. Euclide le mentionne dans "Optique et catoptrique".) -
Source 




Un deuxième problème, après celui de la pollution thermique régionale : les centrales thermosolaires nécessitent, pour un fonctionnement jour et nuit, d'énormes capacités de stockage thermique. Les centrales construites utilisent des sels fondus (nitrates etc.) issus de la chimie lourde. Exemple : la centrale ANDASOL I (d'une puissance de 0,05 GW, dans le sud espagnol) possède deux cuves de 14 mètres de haut permettant une autonomie d'environ 6 heures sans soleil. Le développement en masse des centrales tehrmosolaires conduirait à recourir à des volumes astronomiques de sels fondus. Ces installations sont classées SEVESO en France.

Troisième
  problème sérieux des centrales thermosolaire vapeur installée en zone aride ou désertique : elles consomment beaucoup d'eau : nettoyage des miroirs, purge des circuits, et surtout source froide.

Photo ci-contre, nettoyage des miroirs d'une centrale thermosolaire dans le sud-ouest des USA.


Pour alimenter 15% de l'électricité européenne avec des centrales thermosolaires sahariennes (du même type que celles qui sont installées dans le sud-ouest saharien ou dans le sud de l'Espagne), il faudrait fournir chaque année aux centrales une quantité d'eau équivalente à environ 5 à 10 fois la consommation d'eau douce de l'intégralité de la région parisienne. Il existe des systèmes pour réduire la consommation en eau mais là encore, ils font monter le coût du kWh thermosolaire. Lire aussi : Le dessalement de l'eau de mer est-il écologique ?.

- Olivier




NB 1 - L'installation de panneaux photovoltaïques sur un toit sombre (ou sur un parking couvert de bitume) n'a pas d'impact au niveau bilan radiatif. Ceci est faux si le toit est blanc. Une éolienne (l'éolien, comme démontré par le département énergie et atmosphère de l'université de Stanford, est l'énergie renouvelable la plus écologique, mais peu de personnes en ont conscience - Et comme souligné par François Lempérière, Stephen Chu et Hermann Scheer, le problème de l'intermittence de la ressource éolienne est complètement règlé par le couplage avec le pompage/turbinage) n'a aucun impact sur le bilan radiatif...Quoi que si, peintes en blanc (c'est souvent le cas) et installées au niveau de prairies ou de mers  (l'herbe et l'eau de mer sont sombres), elle ont un effet refroidissant et contribuent ainsi doublement à lutter contre le réchauffement climatique :)

NB 2 - les autres types de centrales thermiques (nucléaires ou à combustibles fossiles) sont également de gigantesques radiateurs. Comme le souligne Hermann Scheer, il est faux d'affirmer que les centrales nucléaires ne contribuent pas au réchauffement climatique. Certes, l'intensité carbonique du nucléaire est faible, mais la pollution thermique inhérente au fonctionnement de ce type de centrale est énorme (l'impact écologique de cette pollution thermique est variable en fonction de la région considérée). Le rendement d'une centrale thermique est d'environ 30%. 70% de l'énergie est perdue sous forme de chaleur ! Il semble donc fondamental d'abandonner les filières thermiques ("Thermos", en grec, signifie "chaud"...) et de se focaliser sur les technologies vraiment durables comme par exemple l'éolien, l'énergie marémotrice, l' énergie houlomotrice ou l'hydroélectricité (en prenant soin dans ce dernier cas de valoriser la biomasse avant l'inondation de la région considérée afin d'éviter la fermentation méthanogène, notamment en zone tropicale).  A noter que les centrales à charbon ou à hydrocarbures contribuent doublement au réchauffement climatique :  émissions de CO2 (impact majeur, un kWh-électrique-charbon = émission de 990 grammes de CO2)  + pollution thermique (1 kWhe-charbon  = "émission" de 2 kWh-thermiques), tandisque que les centrales thermosolaires et nucléaires induisent une pollution thermique mais pas d'émissions de CO2. Mais les centrales thermosolaire ont un important défaut : elles doivent être installées là où l'insolation directe est élevée, c'est à dire bien souvent dans des secteurs déjà très chauds. Avec des centrales de grande dimension, l'impact régional est à étudier de manière approfondie.
 


NB 3 - (...) Afrik.com : Que pensez vous, en tant qu’ingénieur et en tant que Africain, du projet Desertec selon lequel 15 entreprises allemandes veulent produire l‘énergie solaire au Sahara afin de transmettre de l’électricité vers l’Allemagne. Le coût de l’opération est chiffré à 400 milliards d’euros.
Guy Tchuilieu Tchouanga : Personnellement, je ne suis pas pour ce type d’initiative. Elle va se révéler désastreuse pour les pays africains car ils vont pomper toute l’eau de la nappe souterraine, qui va s’évaporer, pour faire tourner les turbines. Cela va entraîner l’assèchement des nappes avec des conséquences irréversibles (...)"
-
http://www.afrik.com/article17206.html

NB 4 - L'Afrique peut-elle développer d'autres énergies renouvelables que les centrales thermosolaires pour produire de l'électricité nécessaire aux populations africaines  ? Oui, bien sûr. Plus d'informations ici : http://inga-we-can.over-blog.org/


Photo : Tempête de sable, Sahara

Lire aussi :

Washington Post : "Contrairement au centrales solaires photovoltaïques qui ne consomment pas d'eau, les centrales thermosolaires (CSP) consomment quatre fois [...]

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Publié dans : THERMOSOLAIRE
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Commentaires

Pourquoi, dans ce cas, ne pas rajouter, en coplément aux mirroirs, des zones blanches à l'albédo très élevé pour compensé ? (je sais, ça fait un peu débat de comptoir ce que je dit)
Commentaire n°1 posté par edilyon le 09/08/2009 à 16h41
Michael Hogan (Directeur du Programme électricité à la Fondation européenne pour le climat: " (...) Potentially more important concern is the reduction in albedo effect from the capture of solar energy that would otherwise have been reflected, which at the scale we’re talking about might become significant.That can be alleviated by, for instance, siting a given acreage of reflecting mirrors to compensate for the concentrating mirrors (...)"
http://climateprogress.org/2009/04/29/csp-concentrating-solar-power-heller-water-use/

Michael Hogan souligne que la baisse de l'albedo liée à l'installation de centrales tehrmosolaires est un important problème et propose qu'une partie des miroirs réfléchissent l'énergie solaire vers les ciel pour compenser le réchauffement induit par les miroirs qui concentrent l'énergie solaire vers un collecteur.

Plutôt que des miroirs (onéreux), des plaques blanches (a albedo élevée) posées sur les sol seraient plus pertinentes finacièrement parlant. Il s'agit d'une méthode de "compensation albedo" (en référence à la "compensation carbone").

Ceci dit, des centaines de kilomètres carrés de plaques blanches, cela a un coût, coût qui affectera le prix du kWh thermosolaire.

De plus le blanc est très salissant (poussière, sable, tempêtes de sable). Il faudrait laver très souvent ( = coût de maintenance). Et une surface blanche qui s'émousse a un albedo qui diminue... Sans parle du prix d'achat ou de location des immenses surfaces en question (il n'y a pas de place dans la centrale). 
Réponse de Objectif Terre le 09/08/2009 à 17h00
A-ton pensé ou quelqu'un a-t-il pensé et analysé la possibilité de construire - non pas une seule centrale CSP de 300 km de coté dans le Sahara - mais disons voir:

1) Une centaine de centrales CSP de 30 km de coté - ou 400 de l'ordre de 15 km de coté - éparpillées en Afrique du Nord pour couvrir donc l'équivalente de la production mondiale actuelle d'électricité. (Combien ce ces centrales pourrait recevoir la vallée du Nil?)

2) Le même schéma en Amérique du Sud.

a) Le Désert d'Atacama au Chili est le plus aride du monde et sans doute un des plus froids la nuit ce qui  permettrait alors de ne point utiliser d'eau pour le fonctionnement des centrales solaires thermodynamiques et fonctionner ainsi en stockage thermique en latent (la température du stockage en latent ne diminue pas) 24H/24H grâce aux impressionnantes réserves de sels eutectiques de ce désert.

b) Le "salar del Uyuni" en Bolivie est le plus étendu du monde, reçoit l'eau du lac TITICACA si je ne m'abuse mais pourrait fonctionner sur le même principe thermodynamique du stockage de l'effet refroidisseur de la radiation terrestre sur l'espace nocturne.

c) Le sud du Pérou bénéficie de même de conditions d'implantation de centrales solaires (mixte Solaire/Gaz naturel ou non) particulièrement favorables.

A ce stade d'implantations nous aurions déjà doublé en théorie la production mondiale d'électricité et il nous resterait - au besoin - la possibilité de développer les mêmes scénaris sur l'Amérique du Nord, le Moyen-Orient, le désert de GOBI, l'Australie d'où, si je ne m'abuse la possibilité avec la seule énergie solaire thermodynamique ainsi éparpillé dans le monde (... Le soleil ne se coucherait jamais sur ces centrales... :-) ..) de générer plus de six fois le production mondiale actuelle d'électricité et d'oublier ainsi les problèmes de l'éolien, du pétrole, du charbon, du nucléaire, de l'hydroélectrique, des iles émeraudes, de la géothermie, des biocarburants, etc, etc.

Je reste toutefois songeur face à la "nébulosité" ici de l'équivalence... "Forçage Radiatif /Émission de CO"...
Est on certain de l'identique des impacts?

Est ce comparable?
Commentaire n°2 posté par Christian Matke le 13/08/2009 à 19h05

Bonjour Christian,

1) La polllution thermique en Afrique du nord-Sahara-Afrique sub-saharienne serait à mon avis la même, que l'on concentre la production dans une gigantesque centrale ou que l'on répartisse la produciton en 100 méga-centrales. Il est même possible que la répartition sur toute l'Afrique du nord modifie encore plus le climat régional. 

2) Si les les déserts sud-américains ont le même albedo que le Sahara, et si la même technologie thermosolaire est utilisée, il y a fort à paprier que l'impact sera identique.

a) C'est à mon avis une piste très intéressante pour réduire la consommation en eau douce des centrales ( http://www.electron-economy.org/article-34842176.html ). Par contre j'ignore les conséquences en terme de coût du kWh thermosolaire.
- Dans un contexte de compétition et de recherche de marges de profit dans les limites des subventions accordées par les gouvernements, les technologies couteuses ne sont pas utilisées.

b ) idem

c ) L'éolien est, de loin, l'énergie la plus écologique, comme démontré par plusieurs études (Stanford etc.). L'impact paysager n'est pas un "problème" : dans le contexte du réchauffement climatique, parler de "problème" à ce sujet est à mon avis indécent et irrespectueux des générations futures.

A propos du bilan radiatif, il y a un effet non négligeable à prendre en compte  (et que je n'ai pas pris en compte) le réchauffement induit par la présence des centrales thermosolaires induit un flux radiatif infra-rouge plus élevé...Le flux infra-rouge est fonction de la température.

Olivier

Réponse de Objectif Terre le 13/08/2009 à 20h11
Je m'étonne que l'on en soit toujours à parler de couts face aux cancers énergétiques, écologiques, économiques, sociaux, etc., qui nous affectent.
Il nous faudra choisir sous peu entre avoir à payer le cout de nos erreurs ajouté a celui d'un futur acceptable pour nous , nos enfants et les générations futures ou... continuer à nous comporter en mauvais payeurs et retourner tout droit ainsi aux cavernes de la théorie de Olduvai.
Quant à ce qui concerne le forçage radiatif ou thermique, je trouve qu'il n'est pas très bon de pousser le bouchon trop loin... Les esprits se perdent, il devient impossible de faire des choix, etc.
A-t-on calculé comparativement par exemple quel est l'impact thermique de l'éruption du volcan Chaiten au Chili?
Commentaire n°3 posté par Christian Matke le 13/08/2009 à 20h36
Parmi les solutions disponibles aujourd'hui, certaines sont bon marché, d'autres beaucoup plus coûteuses. Si 'lon veut être efficace, il convient à mon sens de tenir compte de cela.
La bonne nouvelle est que la forme d'énergie qui a le meilleur bilan hydrique (l'eau est une question cruciale), sanitaire,  environnemental et surfacique (l'éolien) est aussi l'énergie renouvelable la meilleure marché après l'hydro. La ressource éolienne, de plus, est colossale et très bien distribuée dans le monde. 

L'éolien continental a le potentiel pour répondre à plus de 40 fois la totalité de la demande électrique mondiale (publication de l'Académie des Sciences des USA)
http://www.electron-economy.org/article-33028921-6.html

Le couplage à des stations de pompage /turbinage à eau douce ou a eau de mer permet d'éliminer complètement le problème de l'intermittence :

Le pompage-turbinage est une technologie parfaite pour les énergies renouvelables" - Stephen Chu, prix Nobel de physique, secrétaire d'état à l'énergie, USA
http://www.electron-economy.org/article-34200192.html

Gregor Czisch présente un plan énergétique pour l'Europe qui a vraiment du sens sur le plan économique
http://www.electron-economy.org/article-33025686.html

Hermann Scheer (père des lois allemandes sur les énergies renouvelables et père de l'IRENA) : "Le couplage de l'éolien et de l'hydroélectricité est parfait"

Pour ce qui concerne l'impact des différentes énergies sur l'eau, le climat etc., je pense que les citoyens doivent avoir accès à toutes les données, de manière transparente.

"Les esprits se perdent, il devient impossible de faire des choix, etc."

Au contraire, c'est sur la base de données complètes (contribution à la diminution des émissions de CO2 mais consommation massive en douce dans le désert + réchauffement local etc.) que l'on peut effectuer des choix pertinents.

Quand on effectue une réflexion tenant compte non seulement du CO2 mais des nombreux autres paramètres environnementaux et sanitaires, on arrive à la conclusion que nous avons vraiment besoin du couple éolien/hydro. C'est la conclusion de S. Chu, de F. Lempérière, de G. Csirsch, d'H. Scheer etc. 

Olivier
Réponse de Objectif Terre le 13/08/2009 à 20h43
Je ne suis toujours pas convaincu que l'éolien + pompage turbinage soit une des solutions les moins couteuses et je souhaiterais donc quelques réponses aux questions suivantes:

1) S'il faut en pratique une tonne d’eau chutant d’environ 400 m pour produire 1 kWh., combien faut il de kWh pour élever une tonne d'eau a 400 m d'altitude et donc combien d'éoliennes ne faisant en pratique que cela (pompage de l'eau en altitude) considérant le EROEI et l'intermittence du concept, combien faut il de tonnes d'eau pompées et stockées en bassins, quelle sera la surface de ces bassins artificiels, et quel sera la participation de ceux-ci à l'augmentation du taux de vapeur d'eau dans l'atmosphère, etc...?

Questions difficiles je l'admet et dont les réponses exigent de longues investigations avant d'apporter des conclusions car...

de même que l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère, l'augmentation du taux de vapeur d'eau - donc aussi dans l'atmosphère - va baisser le rendement de l'irradiation terrestre sur l'espace nocturne donc nuits plus chaudes et vice et versa . La diminution des émissions de CO2 dans le cas de la multiplication de centrales solaires ajouté à l'aridité de certain désert (Conditions premières d'une fenêtre atmosphérique) augmente l'efficacité de l'effet de serre inverse et organise un conséquent refroidissement accélérée des masses composant la superficie terrestre, ce qui explique pourquoi on se gèle les ..... dans certains déserts de nuit alors que l'on y meurt de chaud la journée).

D'accord, j'ai apporté certains "semblants de réponses" à mes questions/doutes/inquiétudes et je souhaite vivement que l'on pourra parvenir à des réponses et conclusions "un peu moins hâtives" pour ce qui concerne le réchauffement dont les centrales solaires seront peut être coupables.

Gardons - nous pour le sérieux et la crédibilité même du Blog - d'emettre des opinions quelques peu "Rifkiniennes" :-) ( L'Ere de l'Hydrogéne)

 

 


Commentaire n°4 posté par Christian Matke le 14/08/2009 à 00h14
Réponse ici (par François Lempérière, polytechnicien, expert des énergies renouvelables) :
http://www.hydrocoop.org/publicationsfr.htm

 = > Le surcoût de l'assistance pompage/turbinage à eau de mer (île-énergie) est d'environ 2 €c/kWh. C'est bien entendu moins pour le pompage/turbinage continental (à eau douce ou à eau de mer sur le littoral)
Réponse de Objectif Terre le 14/08/2009 à 00h51
D'accord... mais j'y lis aussi...

Diapositiva 16
L’électricité en France en 2050


Diapositiva 16
Les besoins seront probablement entre 500 et 700 TWh/an.
Les énergies renouvelables peuvent fournir :
- Hydraulique classique      50 TWh/an
- Marémotrices                100 TWh/an
- Eolien                           100 TWh/an
- Solaire
  Biomasse et divers     50-100 TWh/an ... CRM: En France... qui n'a pas le soleil de l'Espagne, etc...

                                  =300-350 soit 50% des besoins
Le complément peut être :
- E.P.R. (suivant l’uranium disponible et à un coût inconnu)
- Surgénérateurs (s’ils fonctionnent à un prix acceptable)
- Courant solaire ou éolien d’Afrique du Nord à prix rendu de 10 à 15 cents...

Il apparait donc selon
François Lempérière que nous devrions cesser de tirer sur  l'importation d'énergie solaire de l'EUMENA... :-)
Commentaire n°5 posté par Christian Matke le 14/08/2009 à 01h44
Passionnant. Mais celà prouve aussi, que si la taxe carbone était utilisée à couvrir 300 km carré de zone surchauffée par le soleil avec des parasols en aluminium et des cultures en dessous des parasols, le réchauffement climatique lié aux émissions de co2 serait complètement compensé. Comment va ton faire pour que les dirigeants politiques ne soient par recrutés pour leur débilité mental? 
Commentaire n°6 posté par Emmanuelle Lliboutry le 28/10/2009 à 15h34
Bonjour Emmanuel,

Oui, l'albedo est un paramètre clé au niveau dans l'équilibre thermique de la planète.

Blanchir les toits et les routes : une manière très efficace de diminuer le réchauffement climatique (Lawrence Berkeley National Laboratory)
http://www.electron-economy.org/article-34678075.html

Olivier
Réponse de Objectif Terre le 28/10/2009 à 16h18
Merci de visiter mon article sur la question

bien à vous
Commentaire n°7 posté par S. JOURDAN le 19/12/2009 à 07h46

 
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