Dimanche 6 décembre 2009
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Les deux seules personnes à avoir parlé de manière vraiment scientifique durant cette émission sont Yves Coppens (paléo-anthropologue) et Vincent
Courtillot (géophysicien).
Jean-Louis Borloo (avocat, ministre du développement durable) a parlé de politique, de choix en matière de développement, et je trouve très intéressant qu'il s'engage sur les énergies
renouvelables en Afrique (cela serait bien si on les développait aussi en France au lieu de mettre des bâtons dans les roues de l'éolien, mais c'est une autre histoire). J'ai aussi trouvé
intéressant qu'il parle d'adaptation au changement. Durant ce débat, Vincent Courtillot et Jean-Louis Borloo ne parlaient pas du tout de la même chose. L'un parlait de rigueur scientifique,
l'autre de choix politiques. Les envolées de Monsieur Borloo à l'encontre de Monsieur Courtillot n'étaient à mon avis pas justifiées et inutiles.
Jean Jouzel (glaciologue, directeur du LSCE) fait des va-et-vient entre science et politique ce qui donne un résultat à mon avis un peu ambigü. Comme le souligne Vincent Courtillot il
est bon de préciser quand on parle avec la casquette du scientifique, ou avec celle du citoyen. Une personne qui intervient avec une casquette de scientifique n'a pas, à mon
avis, à porter un jugement sur telle ou telle politique, ou sur ce qui relève du "bien" ou du "mal". Concernant des choix sociétaux, chaque citoyen a le droit de donner son avis, y
compris s'il trouve que réduire les émissions de CO2 est urgentissime ou au contraire s'il trouve que c'est inutile ou trop coûteux. Et chaque point de vue mérite le respect. Les
différences, c'est la richesse de l'humanité.
On ne peut pas en vouloir à Elise Buckle (militante du WWF) d'avoir insulté Vincent Courtillot en le faisant passer pour une personne qui nie le génocide juif, ce qui était complètement hors
sujet ici. C'était une insulte, si j'ose dire, mignonne, naïve. Et d'ailleurs c'est ainsi que l'a pris Vincent Courtillot, il n'a pas riposté. Elle a des convictions écologistes, elle pense
qu'on est sûr que l'homme est coupable, et donc, pour elle, ceux qui émettent des doutes sont des "méchants".
Elise, je vous invite à méditer profondément ce vous a dit Yves Coppens (personnellement j'ai mis plusieurs années à intègrer cela, il y a 5 ans, mon état d'esprit était
proche du votre) : même si le niveau des mers montait de 100 mètres, cela ne serait pas la fin du monde, le monde ne serait pas "détruit" (mot que vous avez utilisé durant
l'émission), l'humanité ne disparaitrait pas, la planète terre pourrait toujours être perçue comme "belle". Le changement, c'est la loi de la vie. Le regard des
géologues est ici essentiel. Il y a 20000 ans, le niveau de la mer était 100 mètres plus bas qu'aujourd'hui. L'humanité a-t-elle disparu suite à la montée du niveau de la mer de 100
mètres jusqu'à aujourd'hui ? Non, nous sommes même 6,8 milliards.
En résumé :
- je trouve dommage que Jean Jouzel, qui a énormément apporté par son travail aux connaissances scientifiques sur le climat, ne précise pas assez clairement quand il
intervient avec la casquette du scientifique ou avec celle du citoyen.
- j'ai apprécié : les interventions lucides, apaisées et les mises en perspective d'Yves Coppens, les appels à la rigueur scientifique et au respect des différences de Vincent
Courtillot, les convictions éco-citoyennes d'Elise Buckle, l'engagement politique pour l'Afrique de Jean-Louis Borloo.
- Olivier
NB - Grotte Cosquer, à coté de Marseille :
http://www.culture.gouv.fr/culture/archeosm/fr/fr-cosqu1.htm
L'Europe il y a 20000 ans :
La beauté d'une
statue de glace, c'est son caractère éphémère. Le monde n'est pas cristalisé, le monde est inscrit dans le temps, et sorti du temps, le monde n'existe plus. Le monde change en
permanence.
Ceux qui ont comme projet de conserver le monde dans un état cristalisé sont assurés d'échouer. Ceux qui ont comme projet de s'adapter au monde qui change sont dans une dynamique qui
permet (pas systématiquement) de parvenir à prospèrer.
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