Lundi 23 novembre 2009
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Une banalité : on change quand on a envie de changer. Quand on nous force à le faire, on obéit sur le moment, et quelques temps
plus tard, on ne supporte plus la contrainte qui est étrangère à nous-même, et on retourne à la situation initiale.
Le forçage d'un individu libre (et donc véritablement humain) par l'extérieur mène à l'impasse. Seule le changement intérieur est pertinent. Le
vrai changement résulte d'un cheminement intérieur personnel et complètement libre. Ce changement peut être stimulé, en donnant
envie, en motivant. Les accoucheurs de changement sont utiles : un accoucheur ne remplace pas la femme qui donne la vie, il aide la
femme. En revanche, les bourreaux du changement sont intrinsèquement anti-humains et donc très nuisibles.
Le changement ne se décrète pas. Par exemple, un monde émettant moins de CO2 ne s'impose pas. Le changement survient quand il se fait désirable. Un monde avec moins d'émissions de CO2 ne peut survenir que si ce monde est perçu comme vraiment désirable par tous, si chacun comprend que
ce que nous avons à gagner de ce changement est bien supérieur à ce que nous allons perdre dans ce changement. Tant que le charbon est perçu comme très profitable à l'économie d'un
pays, le pays en question ne changera pas. Et tant que le charbon est perçu par les pays en voie de développement comme un outil pour accèder au niveau de vie des pays riches, les pays
riches ne pourront jamais obtenir le changement. Dans cette situation, faire preuve d'éco-intelligence c'est offrir aux pays en voie de développement la
possiblité de passer directement aux éco-technologies, sans emprunter la voie des énergies fossiles par laquelle les pays riches ont construit leur prospérité. On impose pas une
réduction des émissions de CO2; on offre la possibilité d'un développement propre.
Il en va de même pour l'éducation : la culture et les connaissances ne s'imposent pas. On apprend véritablement que quand on a un
véritable désir d'apprendre, une boulimie de savoir, une soif de co-naître. On n'apprend
rien quand est dans une situation de contrainte, dans une situation où l'on obéit à ses professeurs ou à ses parents. Sous la contrainte, on fait semblant d'apprendre, mais en
réalité on devient un robot idiot car on remplit son cerveau de choses qu'on a pas fait siennes. On apprend rien sous la contrainte; sous la contrainte, l'esprit libre meurt. Aucun esprit
innovant n'a jamais émergé sous la contrainte, car innover, c'est précisément penser à coté du système en place. L'innovation ne peut naître qu'au coeur des esprits libres,
jamais au sein d'un esprit complètement formaté. Une personne formatée peut éxécuter une tâche, mais ne peut jamais innover car on ne l'a jamais laissée développer son potentiel
créateur librement. Albert Einstein : "La personnalité créatrice doit penser et juger par elle-même car le progrès moral de la société dépend
exclusivement de son indépendance." Par exemple, une personne formatée qui ne
pense l'avenir de la mobilité qu'à travers les réalités du pétro-système actuel est sûre de ne jamais trouver de solutions pertinentes pour permettre le changement et passer à l'électro-mobilité.
Le génie de Shaï Agassi réside précisément dans sa capacité à penser à coté. Une personne formatée, résignée aux limites intrinsèques des énergies fosssiles, qui ne pense le système
énergétique qu'à travers les réalités du système fossile actuel, ne pourra jamais concevoir un système énergétique basé sur les énergies renouvelables. John Fitzgerald Kennedy :
" Les problèmes du monde ne peuvent pas êtres résolus par les sceptiques ou les cyniques dont l'horizon est limité par les réalités évidentes. Nous avons besoin d'hommes capables
d'imaginer ce qui n'a jamais existé (...) Le changement est la loi de la vie. Et ceux qui ne regardent que dans le passé ou le présent sont certains de rater le futur (...) L'esprit humain est
notre ressource fondamentale ».
Et pour que des idées originales émergent au sein de soi-même, il convient d'accepter de mettre son égo de coté et de faire évoluer ses analyses quand de nouvelles données
surviennent. Winston Churchill : "Pour s'améliorer, il faut changer. Donc, pour être parfait, il faut avoir changé
souvent." (on atteint à mon avis jamais la perfection, c'est être dans une dynamique du progrès qui compte). Un
exercice mental très enrichissant consiste à faire l'effort d'abandonner mentalement ses certitudes et d'entrer virtuellement dans les schémas de penseé d'autrui, de préférence une personne
qui pense exactement le contraire de soi. Cette expérience, quand elle est menée sérieusement, est vraiment formidable. Il y a des personnes qui répètent les mêmes choses depuis 20
ans, des choses complètement dépassées, dont elles ont la démonstration de la non pertinence, mais par orgueil, les personnes en question refusent de changer, d'évoluer. Georges
Clémenceau : "L'homme absurde est celui qui
ne change jamais."
La motivation est le moteur fondamental du changement. Les grands changement sociétaux surviennent quand le désir de changement devient
collectif. Un changement systémique devient alors possible. Ce fut le cas lors de la révolution française, mais aussi lors de la chute
du mur de Berlin. Un changement qui conduit au succès est contagieux et par immitation, par effet de domino, un changement dans un pays peut en entraîner de nombreux autres ailleurs dans le monde. Mais les dictatureurs, par
définition, détestent le changement libre : la dictature qui règne actuellement en Iran conduit au massacre tous ceux qui aspirent à vivre librement. Paul Joseph Goebbels,
ministre du IIIème Reich à l'"éducation du peuple et à la propagande : "C'est l'un des droits absolus de l'Etat de présider à la constitution de l'opinion publique (...) Si vous dites un mensonge suffisamment gros et si vous le répétez, les gens finiront
par y croire. Le mensonge peut être maintenu que pendant
le temps que l'État peut faire écran aux conséquences politiques, économiques et / ou militaires du mensonge.
Il devient donc d'une importance vitale pour l'État d'utiliser tous ses pouvoirs pour réprimer toute dissidence, car la vérité est l'ennemie mortelle du
mensonge, et donc par extension, la vérité est le plus grand ennemi de l'Etat (...)"
Tous ceux qui on essayé d'imposer au monde leurs caprices personnels ont échoué, les nazis tout autant que les communistes. Le libéralisme est aujourd'hui
largement triomphant dans le monde car c'est la seule approche offrant la possibilité à chacun d'épanouir son potentiel créateur, librement. Le
libéralisme est en phase avec la nature profonde de l'humain. Possiblité ne veut pas dire obligation, et ne veut pas dire non plus que
l'épanouissement va effectivement se réaliser. Le libéralisme conduit donc fatalement à des "inégalités" étant donné que la richesses des êtres humains réside précisément dans
leurs différences. Dénoncer les différences est absurde. L'homme libre se réjouit de ces différences. Le libéralisme authentique (c'est à
dire avec lequel chacun a véritablement la possiblité de développer son potentiel créateur) offre une possibilité, il repose sur le principe d'égalité des chances, et non des parcours individuels. Mais il n'impose pas
une méthode et un cadre pour développer les potentiels, il laisse libre. Le pari de la liberté est indispensable à la possibilité de
l'émergence de la responsabilité. Le forçage de la responsabilité tue, de fait, la responsabilité et mène potentiellement à la barbarie.
Le vrai changement nait librement, jamais sous la contrainte.
- Olivier
Photo : ندا صالحی آقا سلطان
Neda Agha Soltan, assassinée lors des manifestations, symbole de l'opposition à la dictature barbare qui règne actuellement en Iran
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