Mardi 24 novembre 2009
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Les réactions suite au hacking d'un serveur d'un centre de recherche anglais (voir
ici) sont très intéressantes. Elles montrent qu'il y a des beaucoup de personnes qui ne basent pas leur réflexion sur les faits scientifiques mais sur des a priori
doctrinaires.
Il y a en réalité deux extrêmes :
1 - Ceux qui nie le réchauffement de 0,7°C depuis un siècle ou qui affirment catégoriquement qu'il y a un lèger réchauffement mais que son origine n'est
pas humaine (doctrine de "l'homme n'est pas responsable").
2 - Ceux qui cherchent à faire croire aux gens que le réchauffement c'est la fin du monde, afin qu'ils aient peur. (doctrine de "l'homme est un irresponsable, il faut
le punir et il faut lui faire peur pour le contraindre à réduire ses émissions de gaz à effet de serre" - Cette doctrine est basée sur le mépris : "les gens sont cons donc
la seule façon de les faire réagir est de leur faire peur")
Quels sont les faits ?
- Il y a une tendance de fond au réchauffement depuis un siècle (+ 0,7°C)
- Le réchauffement est en pause depuis environ 10 ans, mais les tendances climatiques ne s'établissent pas sur des périodes aussi courtes, il y a une variabilité naturelle.
- La probabilité que les gaz à effet de serre anthropiques soient responsables du réchauffement observé depuis un siècle est de 90% selon les scientifiques. Il n'y a pas de
certitude, mais les scientifiques ne parviennent pas, pour le moment, à trouver d'autres explications à la hauteur du changement observé.
- Au cours du XXième siècle, l'activité solaire a été plus élevée que durant les siècles précèdants. La grande majorité des spécialistes estime cependant que l'activité solaire
n'explique pas la totalité du réchauffement observé.
- Les projections climatiques pour 2050 ou 2100 sont basées sur des modèles très simplifiés par
rapport à la complexité du monde réel. Ces modèles informatiques ont été incapables de prévoir le tassement du réchauffement observé depuis 10 ans
Entre les deux extrèmes mentionnés plus haut, il y a à mon avis la voie de l'éco-intelligence, qui consiste à se baser strictement sur les faits scientifiques, sur ce
qui est réellement observé (réchauffement de 0,7°C en un siècle, montée de 2 millimètres par an du niveau marin, augmentation des précipitations neigeuses en Antarctique, régression de la
banquise arctique, régression des glaciers alpins, déplacement de certaines espèces végétale ou animales vers le nord, etc.), à intégrer ces données, et à mettre en place des
stratégies pour s'adapter au changement en cours. Le réchauffement ne conduit pas à la fin du monde, mais à un monde différent (avec des aspects négatifs mais aussi des
aspects positifs).
L'approche de la négation est tout aussi stérile que l'approche de l'exagération. Essayer de créer un climat de peur ne sert strictement à rien, pire, c'est contre-productif
car cela conduit au rejet des faits avèrés concernants le réchauffement par une partie de la population mondiale, partie qui va croissante. Nous avons besoin des
scientifiques pour qu'ils nous apportent leurs observations. Nous n'avons pas besoin de sectateurs, chacun est libre d'agir comme il le souhaite sur la base des données vraiment
scientifiques. Les scientifiques sont des êtres humains, certes :). Mais compte-tenu de l'importance de la thématique climatique, une rigueur et une neutralité totale sont
requises.
La presse américaine, australienne et britannique a réagit de manière normale suite à la révélation des mails. En revanche, l'absence de réaction de
désapprobation dans la presse française concernant les mails en question est très préoccupante. Cela me fait penser à certaines bigotes qui défendent
certains curés qui violent les enfants, uniquement parcequ'ils sont curés.
Cela signifie tout simplement que nous n'avons plus une presse libre mais une presse qui obéit à une logique de doctrine. Heureusement qu'il y a la blogosphère pour
avoir des analyses libres.
- Olivier
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