Jeudi 25 février 2010
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Billet publié initialement en novembre 2009
Message clé de l'article How to Jump-Start the Clean-Tech
Economy qui vient d'être publié dans la revue business d'Harvard : pour que les éco-technologies s'imposent et qu'ainsi nous
sortions des énergies sales (nucléaire, pétrole, charbon, gaz fossile), il ne convient pas de chercher à remplacer des technologies par d'autres technologies, mais des systèmes par
d'autres systèmes.
Les business-models innovants ont un rôle majeur à jouer dans ce shift d'amplitude mondiale. Le changement, pour qu'il se produise, doit être systèmique. Une erreur courante
est de se focaliser sur une partie, et non sur l'ensemble d'un système. Combien d'innovations géniales sur le plan technique sont restées sans lendemain faute de pertinence sur le plan économique
ou de marketing de qualité pour introduire l'innovation dans la société ? Il y a des scientifiques / ingénieurs / techniciens qui apportent des innovations technologiques formidables, mais
qui sont incompétents pour introduire leur innovation dans le marché et/ou pour identifier la perception de leur innovation auprès du grand public. Il y a en retour d'excellents hommes
d'affaires, mais qui sont incompétents sur le plan technologique et qui vont vous vendre avec talent un produit médiocre. Tôt ou tard, le produit en question va alors faire l'objet de
critiques, critiques qui vont se répandre dans l'opinion, et il ne sera plus vendu. Le produit fait alors pchitt et notre super-vendeur (qui s'est enrichi un peu pendant tout ce
temps) va alors voir ailleurs.
En se focalisant sur le système (ce qui implique de recourir à la pensée complexe intègratrice) plutôt que sur les problèmes posés par un élement isolé, des innovations majeures peuvent
émerger. Un exemple : l'introduction de la voiture électrique 1.0 (c'est à dire sans infrastructure de recharge et sans système intelligent de gestion du réseau électrique) mène à l'impasse,
de la même manière que l'introduction d'un téléphone portable dans un pays qui n'est pas équipé d'antennes relais serait une impasse. La clé pour l'introduction en masse de la voiture électrique,
c'est, via une approche systématique, de passer au 2.0 (Lire à ce sujet La révolution de la
voiture électrique 2.0). Le business-model révolutionnaire de BetterPlace / Renault va permettre une introduction massive de la voiture 100% électrique alimentée en électricité
renouvelable, véhicule électrique 2.0 qui à un coût pour l'automobiliste inférieur à la voiture à pétrole. C'est précisément de ce genre d'approche innovante que nous avons besoin pour construire
une Clean Energy Economy et réduire corrélativement les émissions de CO2. Prof. Stephen Scheide, climatologue et Prix Nobel, Stanford University : "BetterPlace constitue l'opportunité parfaite de considèrer l'environnement et l'économie en même temps, et
Copenhague doit être le sommet mondial qui catalyse ce genre d'approches" (Ecouter Stephen Scheide).
L'approche BetterPlace est pertinente sur les plan technologique et économique. Au niveau politique, le cadre
est en place dans les pays partenaires : Danemark, Israël, Australie, Californie. D'ailleurs BetterPlace et Renault ne s'engagent que dans les pays où il existe une réelle volonté politique.
Cette volonté politique est présente en France, mais il reste deux obstacles : EDF (stratégie de monopolisation), et la pollution génèrée dans
l'opinion par les opposants au progrès, opposants qui n'hésitent pas à diffuser des données volontairement erronées à propos de l'électro-mobilité (sur la quantité d'électricité nécessaire
pour alimenter le parc automobile français intégralement convertit à l'électrique, sur le bilan CO2 de la voiture électrique, sur la ressource lithium etc.).
Merci à Thomas B. pour l'info à propos de cet
article TRES riche, qui part notamment de l'approche d'Edison, pour qui le futur de l'électricité était d'être produite de manière décentralisée, là où elle est
consommée, et non de manière centralisée à des centaines de kilomètres des lieux de consommation. Edison, grâce à une approche systématique et à un business-model pertinent, a permis
l'abandon de la lampe à pétrole et l'introduction en masse de la lampe électrique. Grâce à Edison, la lampe électrique revenait à moins cher pour le consommateur que la lampe à
pétrole, et ceci pour un service de qualité supérieur (meilleur éclairage, pas d'odeur, pas de risque incendie etc.). Il va se passer exactement la même chose concernant le passage de la voiture
à pétrole à la voiture électrique.
Photo ci-contre :
voiture 100% électrique, Corée du Sud
Ce progrès du passage de la lampe à pétrole à la lampe électrique fût d'ailleurs critiqué à l'époque par les personnes qui s'opposaient au changement. De même que
l'éco-romantique Charles Baudelaire critiquait en 1855 l'introduction sur le marché des "allumettes chimiques" (voir
ici).
Dans 20 ans, ont aura un regard historique de la même nature à propos de ceux qui s'opposent aujourd'hui au progrès du passage de la voiture à pétrole à la voiture électrique 2.0.
Entre le moment où le moteur à combustion est sorti du laboratoire, et la
commercialisation en masse de la voiture à pétrole, il a fallu attendre l'innovation d'Henri Ford en matière de production (le fordisme consiste en la mise en place de
lignes d'assemblage, de production en série permettant de faire des économies d'échelle, et en l'adoption d'un modèle économique fondé sur des salaires élevés afin que les
salariés puissent avoir les moyens d'acheter les voitures produites), la construction de routes adaptées et de raffineries, et l'installation de stations-services.
Avant cela, la voiture à pétrole est restée réservée à une élite, à un marché de niche. Le passage de l'ère de la diligence à l'ère de la voiture à pétrole n'a été possible que par un
changement systémique.
-
Olivier
How to Jump-Start the Clean-Tech Economy - Conventional approaches to renewable energy are falling
short. The key is to shift the focus from developing individual technologies to creating whole new systems. What will it take to transition from a fossil-fuel economy to a “clean-tech”
economy powered by renewable energy? Silicon Valley is teeming with new projects in this field, and bold policy proposals are flying around inside the Beltway. The Obama administration has
pledged more than $100 billion ["billion" = milliard] for sustainable technologies; China plans to spend $200 billion, and the G-20 industrialized
nations some $400 billion. Venture capitalists around the world have pumped in excess of $20 billion into clean-tech companies since 2005. (...) To be sure, this is an ambitious goal
that requires thinking on a grand scale. The key, we believe, is to understand that in a major infrastructural shift, technologies don’t replace other technologies. Rather, systems replace systems (...) Many of the difficulties of clean-tech adoption can be traced
to the fundamental error of focusing on parts rather than on the whole. Like Edison’s, our framework for thinking about new systems consists of four interdependent and mutually reinforcing components: an enabling technology, an innovative business model, a careful market-adoption
strategy, and a favorable government policy. The clean-tech discourse has given far too little attention to the importance of business models and market adoption and
even less to coordinating all four components into a coherent whole. Let’s look at each of the four in turn (...)
(...) That’s why we went to investigate two of them firsthand: Better Place, the much-publicized company Shai Agassi launched to create a viable electric-automobile network, and
Masdar, the organization set up by the government of Abu Dhabi to, among other things, build a city run entirely on clean technologies (...)
http://hbr.harvardbusiness.org/2009/11/how-to-jump-start-the-clean-tech-economy/ar/1
Voir aussi :
CAMBODGE - L'entreprise Kamworks va éclairer 2 millions de foyers avec des lampes solaires
http://www.electron-economy.org/article-moonlight-va-eclairer-2-millions-de-foyers-cambodgiens-avec-des-lampes-solaires-38727427.html
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