Samedi 21 novembre 2009
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Corinne LePage :
"Changer rapidement de modèle économique, on le fait avec un système démocratique et libre, c'est ça le vrai enjeu (...) Les verts européens,
ce ne sont pas les verts français. Les verts européens acceptent l'économie de marché (...)"
http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1299&date=2009-11-16
Christophe Barbier :
"Le projet des écologistes n'est pas mûr. Il ne sont pas totalement adaptés à la réalité. Tout le monde est sensible à la cause des
SDF, mais les français ne sont pas forcément prêts à donner à Augustin Legrand les clefs du Ministère du logement car on sait qu'il est dans un combat radical extrémiste. C'est
surement efficient pour le débat démocratique, mais pas efficient pour un programme de gouvernement. Ce travail là, les écologistes on encore à l'achever pour faire rentrer leurs idéaux dans le
cadre du possible"
Daniel Cohn-Bendit incarne l'écologie moderne, libérale, celle de la croissance verte. En revanche, les verts français sont comme un radeau qui est poussé sur une vague
alter-éco-naïve. Mais, quand on se laisse porter par une vague sans être maître du gouvernail du rareau, on est à peut prêt sûr de se manger des récifs, tôt ou tard.
Daniel Cohn-Bendit (l'une des seules personnalités de la mouvance Europe-ecologie ayant une vraie réflexion politique) a d'ailleurs une analyse très proche de Corinne
Lepage :
"(...) Une écologie qui prenne acte de l'économie de marché pour mieux la réguler. (...) Une écologie de l'innovation,
de l'excellence, de la précision, qui renonce à la paresse intellectuelle de la pensée dogmatique et rompt avec l'approximation. Une écologie qui préfère la réalité à la pureté,
ce qui ne l'empêche pas de rêver et de faire rêver. Une écologie de l'envie et de l'enthousiasme, qui -sans pour autant être naïve- tourne le dos au catastophisme, à l'écologie
de la privation, de la peur, de l'urgence et de la menace ! (...) Une écologie libérale aux plans politique, culturel et sociétal. Une écologie moderne résolument tournée
vers l'avenir, un mouvement du développement durable qui assume pleinement le mot développement. (...) "Si vous voulez aujourd’hui vous attaquer à une décroissance de l’énergie du pétrole etc, il faut
une croissance des énergies renouvelables ! (...) On a pendant longtemps laissé la liberté à la droite pour ne parler que de
solidarité. On ne gagnera pas sans reparler de liberté (...) "Si Hulot continue comme cela, où va le conduire la radicalité de sa pensée ? Dire qu'il y a urgence, cela ne veut pas dire qu'il faut
imposer. Le danger d'un certain argumentaire de la radicalité écologique, comme de la radicalité sociale, c'est de mettre entre parenthèses la
démocratie. C'est le même problème que pose Olivier Besancenot."
A mon avis, Corinne Lepage et Christophe Barbier se trompent en affirmant que les populations du sud sont plus inquiètes que les populations du nord à
propos du réchauffement. Ce n'est pas vrai. Les populations du sud, très majoritairement, ne sont pas inquiètes à propos du réchauffement, c'est même surprenant pour un européen de l'ouest. Les
populations du sud sont à des années-lumières de l'hystérie climatique française (d'ailleurs pilotée par le lobby nucléaire). J'entre dans ma 4ème année dans un pays d'Amérique latine,
et j'ai été surpris par cette réalité : ici, le réchauffement climatique fait rire les ingénieurs, les professeurs d'université et la population en général, on en parle pour faire
bien dans les salons et conférences, mais en réalité c'est vraiment la dernière des préoccupations des latinos. Par contre, les latinos ont très bien compris que la
thématique climatique pouvaient être profitable en tentant de récupèrer un peu d'argent des riches du nord. Le mécanisme de développement propre de l'ONU (obtention d'aides
conséquentes pour la mise en place de projet permettant de réduire les émisions de CO2) est très connu en Amérique latine.
Une partie des français croit également que les habitants du Groenland s'inquiétent beaucoup du réchauffement. C'est tout le contraire, ils s'en réjouissent (voir ici).
- Olivier
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