Samedi 21 novembre 2009
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PARIS, 20 novembre (Reuters) - Il
n'existe en France aucune volonté "d'en haut" de développer une filière éolienne crédible et efficace, déplorent les partisans de l'énergie tirée du vent, qui pointent du doigt le lobby nucléaire. Les obstacles sont autant politiques
qu'industriels et technocratiques, disent-ils. "La France ne veut pas vraiment d'une filière éolienne parce qu'elle a fait le choix du tout nucléaire et qu'elle mise beaucoup commercialement sur ce secteur", avance l'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage.
Sur le terrain, les préfets rechignent à délivrer des permis de construire "parce qu'ils ont reçu des instructions du ministre (de l'Ecologie), pas forcément écrites, leur demandant de
redoubler de vigilance, ce qui revient à leur dire: 'ne faites plus rien'", estime la députée européenne. Dans ces
conditions, les objectifs des autorités françaises en matière de développement des énergies renouvelables - 23% de la consommation totale en 2020 - ne sont que "des envolées lyriques" sans
fondement, à ses yeux.
Pour Benoît Praderie, de la fédération Planète éolienne, l'exécutif "nous prend pour des gogos". "Sans éolien, les objectifs du Grenelle ne
sont pas crédibles. C'est quasiment un mensonge d'Etat", attaque-t-il.
PETIT LIBRE ROUGE NUCLÉAIRE - Depuis dix ans, l'Etat n'a jamais tranché en faveur de l'intérêt collectif dans ce domaine, estime le militant qui dénonce le
"poids de la technostructure" en France, alors que les sondages montrent que les Français sont très majoritairement favorables aux énergies
renouvelables. "Depuis le général de Gaulle, la politique énergétique est gérée de façon néo-soviétique. Elle est aux mains d'un tout petit groupe issu des mêmes écoles et leur petit livre rouge dit: nucléaire",
explique-t-il.
"L'éolien ne correspond pas à la culture des grands corps de fonctionnaires, dont certains sont encore attachés à un modèle de production énergétique
monopolistique, centralisé et fondé sur le nucléaire", renchérit Arnaud Gossement, qui dirige la
fédération France Nature Environnement (FNE).
D'un point de vue économique, le serpent se mord la queue, selon Corinne Lepage. En l'absence d'investissements massifs de l'Etat, l'éolien n'attire
pas et ne peut pas se développer. "L'éolien part perdant en France. Ils se sont débrouillés pour que cela ne représente qu'un intérêt économique
minime", déplore l'élue centriste.
De plus, on a laissé le marché européen se concentrer autour de grands groupes, comme EDF, dont l'activité principale est ailleurs, estiment les pro-éoliennes. "Les énergies renouvelables, c'est un trait de plume en bas de la feuille pour eux. Quand on construit deux réacteurs EPR de 1.600 MW, que représente un parc éolien de
5 MW ?", s'interroge Benoît Praderie.
Laure Bretton, édité par Yves Clarisse
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-40962456@7-89,0.html
" (...) Si on continue sur ce rythme, la France ne remplira jamais ses objectifs", prédit la député européenne d'Europe Ecologie Sandrine Bélier
qui relève un "paradoxe français". Devant les caméras, à l'approche du sommet de Copenhague, "on renouvelle les déclarations positives sur l'éolien mais en réalité on
complexifie les règles d'installation", explique l'élue qui voit "l'ombre du lobby nucléaire" planer sur les énergies renouvelables
(...) "
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