Mardi 20 octobre 2009
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L’humanité n’est pas confrontée a un problème énergétique. Si la capacité mondiale de production de
pétrole conventionnel a aujourd'hui du mal à suivre l'évolution de la demande des consommateurs, de nombreuses solutions alternatives émergent, mécaniquement.
La production pétrolière et la demande en pétrole ont commencé à entrer dans une situation de tension en 2005. Conséquences ? Une hausse des cours du baril jusqu’à
150 dollars, jusqu’à la crise que nous avons connu, ce qui a fait chuter la demande, entrainant ainsi la chute du prix du baril jusqu’aux alentours de 30 dollars. Cette volatilité des prix du baril fragilise l’économie et donc l’emploi. Aujourd’hui, la crise économique montre les avant-premiers signes de résorbtion : la demande reprend et le prix du baril
remonte (il est à environ 70-80 dollars actuellement). Et cette hausse du prix du baril stimule les énergies alternatives :
- Les énergies alternatives très sales, comme le charbon liquéfié (une énorme centrale de liquéfaction est actuellement en
construction en Chine) ou le pétrole non conventionnel des sables bitumineux (Alberta).
- Mais aussi les énergies
alternatives très propres, comme l’électricité éolienne ou solaire alimentant les industrie, les maisons, ainsi que les véhicules électriques.
La ressource en énergie très propre est colossale : en
19 heures, la terre intercepte une énergie solaire équivalente à la totalité
du pétrole terrestre, celui que l'on a déjà brûlé depuis un siècle, et celui qu'il nous reste ! En captant une fraction infime de ce flux (flux solaire direct ou dérivé : éolien, hydro), on
répond à la totalité de la demande énergétique mondiale.
L'instabilité actuelle n'est pas liée à un déficit en
ressources énergétiques globales (très sales ou très propres), mais à une adaptation de l'appareil de production, appareil de production qui doit faire face d'une part à une augmentation de
la demande mondiale et d'autre part au fait que l'on a touché le maximum (ou presque) de la capacité de production en pétrole conventionnel. Pour que les
investisseurs investissent dans la construction d'un puits de pétrole, il faut que cela soit rentable. Si de nombreux puits sont construits pour pomper le pétrole d'un même gisement, le
gisement s'épuisera très vite et aucun puits ne sera rentable. On ne pompe pas une goutte d'eau avec dix pailles. Nous sommes arrivés à saturation concernant le pétrole conventionnel,
pétrole qui est une ressource (quand elle est destinée à être brûlée, pas quand on la destine à des usages nobles comme la fabrication de matières plastiques) qui est non renouvelable à une
échelle de temps humaine.
Bien sûr, plus le prix du pétrole augmente, plus l'équation économique se déplace et de nouveaux gisements (par exemple offshore profonds, dont peut-être les gisements de l'Arctique dans le
futur) deviennent rentables. Il n’y a aucun risque que nous manquions d’énergie car les réserves d’énergies très sales sont importantes (on en a pour 200 ans de charbon au rythme de production
actuel, et pour plusieurs décennies de pétrole non conventionnel, en plus des 30 ans de pétrole conventionnel qu'il nous reste) et le flux d'énergies propres est gigantesque.
Ce qui est sûr, c’est que la demande énergétique mondiale ne baissera pas avec la population croissante et le
développement de pays comme l’Inde ou la Chine. En réalité, elle va être multipliée par 3 d’ici 2050. Quelques idéologues français rêvent d’un monde
ou l’homme retourne vivre comme les paysans du XVIIIème siècle, en limitant l'accès à l'énergie (genre quotas individuels). Ce n’est bien entendu pas du tout réaliste et de plus
en contradiction avec l'aspiration naturelle de l'homme à la liberté. Ils pensent que les chinois et les indiens ne pourront jamais atteindre le niveau de vie des occidentaux. Ils se
trompent vraiment : la dynamique de développement de ces pays est fantastique. Et les citoyens des pays occidentaux ne souhaitent pas renoncer à leur confort.
Le risque est d’ordre climatique : si nous
voulons éviter un réchauffement climatique dangereux pour les populations littorales vivant juste au dessus du niveau actuel de la mer (c'est le cas par exemple aux îles
Maldives), ainsi que pour les populations pauvres qui n'ont pas les moyens de s'adapter au changement (notamment sur le continent africain), il nous faut réduire massivement et
rapidement les émissions de gaz à effet de serre. Il convient donc d’orienter le marché de telle manière à ce que ce soient les énergies très propres qui soient utilisées, et non les très
sales. C’est cela l’enjeu aujourd’hui.
- Soit nous laissons le marché faire et ce sont les énergies très sales qui seront en premier lieu utilisées car elles coûtent
un peu moins cher aujourd'hui pour les investisseurs (en effet, la séquestration du C02 n'est pas obligatoire), jusqu’à leur épuisement, et le recours aux énergies renouvelables prendra
alors la relève, inévitablement (l'économie 100% basée sur les énergies renouvelables arrivera tôt ou tard, c'est inévitable).
- Soit nous anticipons en passant
dès aujourd'hui massivement aux énergies renouvelables couplées à l’efficacité énergétique, évitant ainsi de modifier dangereusement le climat. C'est l'appel que vient de
lancer le WWF avec le rapport "Solutions
climatiques : Ré-industrialisation à faible intensité carbonique". Un stimulus financier (du type plan Marshall) est nécessaire pour catalyser le lancement
de la dynamique d'industrialisation verte.
Selon le rapport du WWF, "quatre secteurs critiques vont être les maîtres de la transformation :
- La production d'énergie propre.
- L'efficacité énergétique
- L'agriculture à faible intensité carbonique
- La gestion durable des forêts "
Cette perspective de verdissement de l'appareil de production industriel mondial (production électrique, production
de chaleur, industrie des véhicules à haute efficacité énergétique et donc électriques, isolation des bâtiments, stratégies d'éco-cyclage etc.) est la plus grosse
opportunité de business de l'histoire. C'est l'intégralité du capital qu'il faut verdir ! Des empires industriels vont s'effondrer faute d'anticipation et de vision, d'autres vont
s'adapter au changement et connaître une mutation profonde («Si nous voulons que tout reste comme avant, il faut que tout change.» - Giuseppe Tomasi di Lampedusa), mais
une myriade de nouveaux acteurs éco-intelligents va entrer dans le marché et redessiner le monde économique. Lire par exemple le livre "Les pionniers de l'or vert", par Dominique
Nora.
Aux USA, en Australie, en Israël, au Danemark, en Allemagne, en Corée du Sud et en Chine, entre autres pays où l'innovation est encouragée, les entrepreneurs intelligents
l'ont bien compris. En France, les idéologues sus-mentionnés nous font perdre du temps. Ce sont ceux qui sont visionnaires, ceux qui prennent des risques, ceux qui investissent qui vont
nous conduire vers la prospérité verte, vers la liberté durable.
L'homme n'est pas sorti de l'âge de la pierre parcequ'il a manqué de pierres souligne Thomas Friedman. Nous devons aujourd'hui sortir des énergies fossiles, même si
elles sont encore abondantes.
- Olivier
Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET :
" Ce sont les nations qui se mobilisent,
développent des projets qui seront les gagnantes demain. "
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