Samedi 5 décembre 2009
6
05
/12
/2009
17:37
En matière de développement durable, quel
sont les objectifs ?
A mon avis, que tous les hommes de la terre puissent :
1 - répondre à leurs besoins de base :
- eau douce (pour boire et pour les cultures alimentaires),
- électricité pour conserver ses aliments, s'éclairer, communiquer et éviter la déforestation
- gestion des eaux usées (assainissement) pour éviter la contamination des eaux consommées par le bétail et les humains.
2 - avoir accès aux éco-technologies leur permettant de s'adapter à l'environnement qui change :
- adaptation à la montée de la mer de 2 à 3mm par an pour les populations qui habitent à quelques dizaines de centimètres au dessus du niveau de la mer
- adaptation à la baisse des précipitations dans certains régions par l'intallation de réservoirs permettant de stocker l'eau, de centrales de dessalement de l'eau de mer etc.
- adaptation à l'augmentation des précipitations brutales dans d'autres régions, par la construction de digues, la révision des plans d'urbanisme etc.
- adaptation à l'augmentation du risque incendie dans les régions qui deviennent plus sèches par la création de coupe-feux.
Les pays riches ont les moyens financiers de s'adapter à ces changements, mais dans le monde, d'autres populations n'ont pas les moyens de s'adapter. Il est donc fondamental que les pays riches
aident financièrement les populations les plus vulnérables, pour des simples raisons de fraternité (cela relève de la morale : assister les personnes en danger, quand on en a les moyens, est
un devoir).
La réduction des émissions de CO2 n'est pas un objectif en soi. La réduction se fera si l'on construit une clean energy economy et si notamment les pays riches aident les pays
moins riches à développer les éco-technologies. L'objectif véritable est de construire cette nouvelle économie, dans l'intérêt des hommes. Les émissions de CO2 baisseront
corrélativement.
L'obsession CO2 devient nuisible quand on oublie que la préservation environnementale n'a de sens que si elle bénéficie à l'homme. L'objectif n'est pas de punir l'homme mais de
faciliter son épanouissement. Quand un pays en voie de développement a la moitié de sa population qui gagne moins de 5 dollars par jour, il est immoral de la part des dirigeants des
pays européens de lui exiger de réduire ses émissions de CO2.
Et l'obsession CO2 devient également nuisible quand elle conduit à masquer les autres problématiques environnementales : eau douce, pollution chimique et radioactive, dégradation
des sols, biosiversité etc.
En France, l'obsession CO2 conduit à la situation ubuesque où certaines personnes en viennent à considèrer le nucléaire comme une énergie "propre" et utile dans le
contexte climatique, alors que chacun sait que l'extraction de l'uranium conduit à gaspiller l'eau douce en zone aride (Niger), que les déchets nucléaires s'accumulent, que nous allons entrer
dans une période pénurie en uranium, que le développement du nucléaire civil s'accompagne de la prolifération nucléaire, et que la génération IV n'est pas du tout au point et coûterait, si
on commettait l'erreur de gaspiller de l'argent public en développant cette filière, très cher. On a ainsi en France l'illustration du caractère aveuglant et
de l'impasse que constitue cette approche monocritère, où seul le CO2 est pris en compte.
TF1 (groupe Bouygues, l'un des principaux partenaires de la fondation Nicolas Hulot avec EDF) a organisé il y a quelques jours un journal télévisé au Groenland, un vrai flop (message des français : arrêtez de nous prendre pour des
idiots)...Et TF1, qui obéit à la doctrine de l'arbre CO2 qui cache la forêt des conséquences négatives du nucléaire, vient de signer avec le vendeur de
CO2-sermons et de CO2-punitions, Jean-marc Jancovici (promoteur zèlé du nucléaire, voir ici), et va imposer aux téléspectateurs un baromètre CO2
(voir ici). Pourquoi que le CO2 ? Et pourquoi pas un
baromètre permettant de suivre l'épuisement des réserves d'eau douce au Niger pour extraire l'uranium, un baromètre pollution radioactive, un baromètre prolifération
nucléaire et un baromètre choix énergétiques démocratiques ?
" (...) Avec son projet d'entrer au capital d'Areva, Henri Proglio, futur PDG d'EDF, entend rebattre les cartes de la filière. Ce faisant, il relance un vieux projet
du président Sarkozy. La réflexion sur le sujet est lancée dès 2007, mais est rapidement perçue comme servant les intérêts de deux groupes: Bouygues, dont le PDG est un proche du président, et
Alstom, dont Bouygues est le premier actionnaire (...)"
http://www.e24.fr/entreprises/energie/article154875.ece/La-filiere-nucleaire-en-quelques-chiffres.html
Il est grand temps que la France sorte de cette propagande sournoise du lobby nucléaire. On se croirait revenus à l'époque de Goebbels, ministre de "l'éducation du
peuple et de la propagande" sous le IIIème Reich, et qui disait : "Un mensonge répété dix fois [en l'occurence : "le
nucléaire est propre et de plus utile pour le climat"] reste un mensonge; répété dix mille fois il devient une vérité"
L'obsession CO2 conduit aussi à faire croire que les agrocarburants sont positifs pour l'environnement. Ceci alors qu'ils requièrent des surfaces énormes (d'où un impact sur la
biodiversité), qu'ils conduisent à gaspiller l'eau douce, à répandre des engrais et des pesticides dans l'environnement et que leur utilisation comme carburant dans les moteurs thermiques conduit
à des conséquences sanitaires préoccupantes.
Il est urgent de cesser de ne parler que du CO2, et de reparler d'environnement de manière sérieuse, c'est à dire en adoptant des réflexions intègrant les nombreux critères
environnementaux (voir par exemple ici), en pensant de manière globale.
- Olivier
Lire aussi :
Astérix et Obélix : l'énergie au sens propre
http://www.electron-economy.org/article-asterix-et-obelix-l-energie-au-sens-propre-38375064.html
Commentaires