Mercredi 25 novembre 2009
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Avec son émission 'vu du ciel" diffusée sur France 3 le 25 novembre 2009 et accessible sur internet, Yann Arthus-Bertrand (YAB) nous emmène en Californie, dans une centrale thermosolaire, Nevada Solar One. Chouette !
Tout commence bien, de belles images, on se dit « wouaw, surprenant, il a changé depuis son film Home, et il a décidé à présent de focaliser sur les
messages éco-positifs au lieu de faire passer un message à forte propension culpabilisante pendant une heure et demi et se contenter de balancer deux trois images d’éoliennes
romantiques en fin de film».
Bon, premier
couac, au lieu de dire comme tout le monde "cette centrale a une surface d'un kilomètre-carré et demi", il nous dit, en insistant avec la voix sur
le million : "cette centrale a une surface d'1 million et demi de mètres carrés". On se dit, tiens, il cherche à nous faire
croire qu'il faut des surfaces énormes.
Et puis ensuite, durant le reportage, il interroge un monsieur. Un monsieur que l’on peut prendre au départ pour un responsable de la centrale thermosolaire mais qui raconte des trucs
trop drôles sur les énergies renouvelables : "Croyez-vous que les énergies renouvelables vont permettre de
sortir du pétrole ?" demande YAB le sourire en coin, et même presque hilare. Et le monsieur répond, avec un sourire encore plus large : « non » ! Trop fort !
Il sait qu'une centrale
thermosolaire ayant une surface égale à 2% de la surface du Sahara est suffisante pour répondre à l'intégralité de la demande électrique mondiale (y compris le parc automobile mondial
intégralement convertit à l'électrique), Scientific American vient de publier un dossier
complet expliquant clairement qu'il n'y a aucun obstacle pour passer à une économie 100% basée sur les énergies renouvelables pour 2030 (Eolien + Hydro + Solaire), et YAB, dont la complicité
avec le monsieur interrogé est évidente, essaye de faire croire que les énergies renouvelables ne sont pas une solution pour sortir du pétrole !
Du coup on se
renseigne sur le monsieur, et là on découvre qu' il ne s'agit pas d'un professionnel des énergies renouvelables, mais d'un journaliste militant de la décroissance, Richard
Heinberg, membre de l’ASPO (l’association de l’étude du peak-oil, le pic de pétrole) et qui a réussi à vendre 8 livres catastrophistes qui annoncent tous de terribles crises liées à la
déplétion pétrolière (Jean-Marc Jancovici est sur le même filon en France, cela rapporte plein de pépètes de chercher à faire peur aux gens). On est là dans une centrale
thermosolaire et il interroge un monsieur qui n’a strictement rien à voir avec les énergies renouvelables et qui nous promet l’apocalypse énergétique ! C’est comme si on allait demander à une sœur carmélite de témoigner de son expérience personnelle à propos de telle ou telle position
sexuelle !
YAB avait
pourtant en Californie la possibilité d’interroger de vrais experts des énergies renouvelables (experts des universités de Stanford, de Berkeley, experts de Google, experts du
gouvernement de Californie ou du Nevada etc.). Et bien non, c’est la sœur carmelite qu’il a choisit ! Il aurait du amener JM Jancovici avec lui (JMJ est aussi membre de l’ASPO et
nous chante la fin du monde), cela aurait été directement en français. A moins que le fait d’interroger un décroissant qui parle anglais fait partie de la stratégie de com de YAB ? Message
subliminal : « vous voyez, il y a aussi des anglophones qui prônent la
décroissance »
Il a choisi une technologie emblèmatique qui suscite beaucoup d'espoirs (il est possible d'utiliser un système de refroidissement sec donc le problème de la
consommation en eau douce est partiellement solutionable) pour faire passer un message idéologique qui vise précisément à casser l'espoir suscité par les énergies renouvelables.
Bref, il nous faire perdre du temps. Bien souvent, les personnes qui peak-oilent à longueur d’année, comme la sœur carmelite choisie par YAB, sont incapables
d’imaginer un monde sans pétrole.
YAB, dans un second reportage de cette émission vu du ciel du 25 novembre, toujours en Californie, nous montre des petits flacons remplis de microalgues. Il sourie pendant
que le scientifique californien fait son exposé, car, il l’a dit à la télévision dans un débat avec Claude Allègre, il ne croit pas du tout
aux microalgues. Durant ce débat, où il était clairement de connivence avec la clique EDF-Véolia (Jancovici et Ferone), il a répondu à la journaliste et auteur Dominique
Nora : "pff ! Moi aussi je suis allé en Californie, les microalgues, c'est des petits flacons, c'est ridicule, pff !" - Durant le "vu du ciel" diffusé le 25 novembre, il montre les flacons, le message subliminal étant clairement : « vous voyez, c’est ridicule, c’est tout petit; les énergies renouvelables, cela ne vaut
rien ».
Hawaï, vu du ciel - Bassins de cultures de microalgues à vocation alimentaire (Spirulina
sp.)
YAB, qui est tombé dans le chaudron de l’idéologie décroissante et à qui l’on ne peut pas reprocher de ne pas avoir de vision pour notre futur, devrait méditer
cette phrase de John Fitzgerald Kennedy :
" The problems of the world cannot possibly be solved by skeptics or cynics whose horizons are limited by the obvious realities. We need men who can dream of things that never were. (...) Change
is the law of life. And those who look only to the past or present are certain to miss the future (...) The human mind is our fundamental resource."
A moins qu'il y ait autre chose derrière la façade décroissante :
Yann-Arthus Bertrand :
"Je ne vois pas comment on va remplacer toutes les centrales nucléaires qui fonctionnent en France
(...) Mais je le répète, je me pose la question, comment va-t-on
remplacer le nucléaire? Ce n’est pas honnête de dire que c’est possible avec des énergies renouvelables."
http://environnement.blogs.liberation.fr/noualhat/2009/06/yann-arthusbertrand-je-ne-suis-pas-pour-le-nucl%C3%A9aire-mais-comment-sen-passer.html
Faire croire que les énergies renouvelables ne valent rien, n'est-ce pas la meilleure façon pour faire avaler la pilule "le nucléaire est indispensable" ?
- Olivier
NB - Ce qui n'est pas dit durant le reportage : la centrale Nevada Solar One a une puissance de 64 MW et permet de produire chaque année
150 GWh. Une voiture 100% électrique type Renault Fluence consomme 0,15 kWh par kilomètre parcouru. La centrale Nevada Solar One permet donc de parcourir chaque
année en voiture électrique un milliard de km. Ce qui est équivalent à 100 000 voitures électriques parcourant 10000 km chacune par an.
En multipliant par 10 la largeur et la longueur de cette centrale, on alimente 10 millions de voitures électriques. Avec
seulement une vingtaine de centrales de cette surface, on alimente l'intégralité du parc automobile américain, le plus grand parc automobile du monde. Et constuire ces centrales est un
business fortement générateur d'emplois (production des tubes récepteurs, des miroirs, des turbines etc.). Des centrales de plus de 200 MW sont actuellement en construction aux USA.
Conclusion : les solutions de remplacement du pétrole sont disponibles ici et maintenant, ceci sans renoncer à notre niveau de confort, soit exactement le
contraire du message que cherche à véhiculer ce reportage. Le passage de la pétro-économie à l'électro-économie conduit d'ailleurs à moins consommer d'énergie pour une mobilité et un
confort égale, compte-tenu de l'efficacité intrinsèque des chaînes électriques.
(...) Chercher à faire croire qu'il n'existe pas d'alternatives aux énergies fossiles et au nucléaire relève de
la pollution des esprits (...)"
- Hermann Scheer, député allemand, père des lois allemandes sur les énergies renouvelables
et initiateur de l'IRENA
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